Témoignages de Patients

Voici dans ce post des témoignages de patients souffrant de névralgie iatrogènes du nerf trijumeau suite à une intervention dentaire ou chirurgicale. La terminologie exacte devrait être une neuropathie iatrogène du trijumeau, cependant, pour avoir conversé avec un neurologue américain ainsi qu’avec une neurologue australienne, lorsque le cortex a intégré la nociceptivité, il y a centralisation de la douleur, et le patient souffre alors bien de névralgie du trijumeau. Je laisse la parole aux patients, qui m’ont donné l’autorisation de publier leurs témoignages:

Voici le témoignage de Karine:

Bonjour France. Tu peux publier mon témoignage sans aucun problème, tu as carte blanche car je n ai pas peur d affirmer que ma névralgie du trijumeau est consécutive à une chirurgie dentaire. J espere que cela t aidera pour apporter la preuve irréfutable qu il existe bel et bien un lien entre les deux.*
Pour ma part, tout a commencé en 2006, alors que je souffrais d une nécrose liée à une infection sous une couronne. Mon dentiste de l époque a du extraire la dent et a procédé à un curetage. Il a ensuite été posé un inlay core dans une des dents supportant le bridge.
Faisant entière confiance et loin d imaginer que ma vie allait basculer à tout jamais, j ai donc laissé ce monsieur faire les soins.

Très rapidement, les premières décharges électriques sont apparues (le lendemain). Je ne comprenais pas ce qu il m’arrivait ! Je suis immédiatement retournée le voir. Mais lui non plus ne comprenait pas. Il m a parlé d éventuels courants électriques créés par la pose de couronnes dans des alliages différents. Il a vérifié, reverifié encore mais ne trouva rien… Pendant ce temps, les douleurs s amplifiaient de jour en jour, il m’envoya alors chez un stomatologue, qui ne trouva rien non plus. Deux mois plus tard, alors que j étais encore dans son cabinet un soir à 20 heures, il se décida à contacter son maître de conférence à la fac. Celui ci lui demanda si dans ma famille, il y avait des cas de migraineux ( c était bien  le cas, tout comme de nombreuses personnes) et fini par m orienter vers un neurologue.
Celui ci posa le diagnostic, vous avez une névralgie du trijumeau, madame, je vous met sous tegretol ! A partir de ce jour, j ai enchainé les traitements médicamenteux mais aussi les Interventions chirurgicales ( 3 au total ! ). Aujourd hui je suis en invalidité (66%), et outre les décharges électriques, sont apparues des douleurs neuropathiques sur le nerf trijumeau irréversibles, directement liées à ces interventions, avec une kératite neurotrophique récidivante !

Je voudrais signaler qu a aucun moment, un médecin, un neurologue, un chirurgien, un dentiste n’a confirmé qu il existait bien un lien entre ma névralgie du trijumeau et l intervention du dentiste de l époque.
Il s’avère que via les réseaux sociaux, j ai pu aller a la rencontre d autres patients atteints de la même pathologie, et avec une histoire similaire.
J ai eu l idée de créer avec d autres malades une association a des fins d information et de soutien moral dans un premier temps. Au fil des discussions, j ai appris que j étais loin d être un cas isolé car environ 70% de nos membres ont une névralgie du trijumeau a la suite chirurgie dentaire.
Je suis sidérée de constater que le corps médical continue malgré tout de nier l évidence, combien d autres patients se verront privé a tout jamais d avoir une vie normale ?
Pour ma part, comme pour de nombreux autres patients, ma vie, en l occurence, ne sera plus jamais la même…
Je précise que mon dentiste a vendu son cabinet, et que lorsque j ai voulu récupérer mon dossier dentaire chez son confrère, je me suis aperçue que certaines données avaient été effacées de mon dossier (pas vu, pas pris!) j envisage desormais un recours auprès du conseil de l ordre, affaire à suivre, donc !
A bientôt

Karine

*(note du blog: la relation existe bien et est établie dans toutes les publications scientifiques, qui ont toutes été validées par des pairs á travers le monde, ces publications sont en anglais, comme 98% des publications scientifiques, je vais partager ces publications sur ce blog très prochainement, il y en a déjà dans l’article 11 questions réponses)

 

Voici le témoignage de Magalie

Aujourd’hui j’ai 29 ans, porteuse d’un neurostimulateur cortical implanté qu’on m’a posé en janvier dernier pour des douleurs neuropathiques sur le nerf trijumeau en VIII et VII. Comment en suis arrivée là aussi jeune ?

Le 10 juillet 2006 on m’a extrait 4 dents de sagesse sous AG, par … un ORL !!! (Sous les conseils de mon ancien dentiste traitant)

On m’a dit que ça serait tellement mieux car trop nerveuse pour le faire en fauteuil…

La dent 48 craignait au maximum, il a dit qu’il ferait attention, « heureusement » qu’il a fait attention car j’en suis ressortie avec l’ATM droite luxée et des douleurs neuropathiques des coups de poignards par salves sur le VIII, du plâtre pouvant aller jusqu’au béton sur le territoire du VII. Dans l’Est de la France on n’est pas bien soignée du tout , on m’a laissée moisir 5 ans , avant qu’un autre service de stomatologie voit le problème d’occlusion dentaire qui a tout fait dégénéré avec la force à laquelle on a appuyé sur ma mandibule pour extraire la 48.

Des dizaines d’IRM de scanners, de scintigraphies … des dizaines de piqûres en tout genre pour soulager ou pour tester… j’ai fait le tour de France des hôpitaux, il a fallu que j’aille sur Paris pour qu’on m’aiguille pour de bon, jusqu’à la neurostimulation.

Répéter sans cesse la même chose car il faut expliquer votre cas à tous les praticiens, il y a ceux qui ne vous croient pas et ça c’est dur, et ceux qui vous croient mais qui ne savent pas gérer du tout.

Que de chemin pour avoir un praticien qui vous croit, qui soit compétent et qui se bouge pour vous !

Honnêtement on n’imagine pas qu’une tête c’est plein de nerfs, que les dents peuvent être des bombes à retardement, heureusement pour moi étant « neuropathique pure » la RTMS m’a sauvée ainsi qu’une lourde intervention pour me poser le neurostimulateur car à la fin je ne tenais plus debout !

Je regrette d’avoir fait cette extraction dentaire comme ça car j’avais 20 ans, et ça m’a bouffé ma jeunesse, adieu les études que je voulais, adieu tout …

Seulement maintenant avec cette opération et avec les personnes qui souffrent comme moi on se parle, ça fait du bien, de retrouver les mêmes choses, on n’est pas toutes seules…

Magalie

 

Voici le témoignage d’Aline:

En fait malheureusement ma douleur dure depuis plusieurs années à la suite de travaux dentaires, lambeaux de chair au niveau du palais, avec douleurs sur le palais (intervention sur maxilaire à gauche), problème de depose bridge devant avec douleur jusqu’au sommet de la tête, hémorragie nasale et meches aux urgences avec douleurs et courant électrique dans tout le corps comme personne n’a trouvé le problème  au bout d’un temps les quatre dernières molaires à gauche ont été extraites, mais la douleur sur le palais était toujours là, Malheureusement, dernièrement là -dessus il y avait aussi un problème d’articulation temporaux-mandibulaire.
A  l’époque plusieurs médicaments m’ont été prescrits, benzodiazepines, AD, psychotropes etc……..avec en plus des effets indésirables lourds et des arrêts brutaux de ces médicaments prescrits, ces arrêts brutaux aussi m’ont causé de gros problèmes. J’ai également été diagnostiquée de stomatodynie, de fybromyalgie. On m’a également prescrit du rivotril lors de la suspicion de stomatodynie………..

Donc à l’automne 2013 malgré les douleurs toujours présentes, le dentiste m’a dit que tout allait arranger ma situation avec des implants.  Les douleurs ont augmenté à la suite de la chirurgie de comblement de sinus. J’ai donc subi une nouvelle intervention fin 2014 (le dentiste m’a indiqué que le comblement de sinus était trop important). Mais après cette chirurgie les douleurs étaient toujours présentes. Dernièrement, le 10  avril 2015,  les couronnes ont été posées sur les implants et tout de suite encore plus de douleurs à ne pas pouvoir manger dessus j’ai rappeler le dentiste mais pour lui tout allait bien!

Depuis les douleurs intenses sont toujours présentes, de plus, lors de la prise d’empreintes il a trop forcé pour enlever le porte empreinte et maintenant les couronnes et bridges à côté bougent.

Voilà en résumé la succession de mes traitements et souffrance.

Maintenant même les dents du bas à gauche me font mal. à priori pas d’infection. et l’on me dit qu’il n’y a pas d’inflammation, les douleurs mandibulaires sont aussi à gauche. ( Note du blog: la douleur décrite se situe sur la 3ieme branche du nerf trijumeau)

Le psychiatre qui me suit et me prescrit de nombreux médicaments non ciblés pour une névralgie iatrogène du nerf trijumeau commence à comprendre que mes problèmes sont bien consécutifs aux soins dentaires. .

Depuis ces chirurgies,  effectivement je ressens comme de l’électricité, des fourmillements, notamment au niveau de la tête, du cou, des lèvres, de la colonne vertébrale.

En lisant le protocole qui est sur le blog, qui est proposé dans les publications par les dentistes et médecins spécialisés en Angleterre et aux USA, j’ai voulu demandé ici pour trouver un dentiste près à faire cela (suivre le protocole), c’est mission impossible pour la plupart ils ne connaissent même pas le problème et me promènent de dentistes spécialisés en occlusion, et dentistes divers. en divers diagnostics:

-syndrome d’eagle (note du blog: le syndrome d’Eagle, est lorsqu’une apophyse styloïde est trop longue et irrite le nerf glosso pharyngien,  le diagnostic différentiel est aisé grâce à la topographie de la douleur 5 ou 9 et au scanner, cela se serait vu sur l’image), 

-muscle glosso -pharyngien

-douleurs implants…….même à la Pitié Salpetriere, au  service stomato,  ce qu’ils m’ont proposé c’est de signer une décharge et faire enlever les implants…….mais rien n’est certain pour le résultat.

voilà les grandes lignes

Je vous remercie infiniment de votre attention je doit passer une irm bientôt  mais d’après votre blog peu de chance que cela donne quelque chose *……………j’ai un peu l’impression que les dentistes se serrent les coudes j’ai même eu droit dernièrement à une recommandation d’aller voir un magnétiseur…….

Aline

 

*(note du blog: toutes les publications scientifiques décrivent la même chose: la névralgie iatrogène du trijumeau ne se détecte pas par IRM, mais élimine une possibilité associée de sclérose en plaque ou de tumeur).

 

Voici le témoignage de Claude

Claude Bellemarre
Les premiers symptômes sont apparus quelques mois après un traitement de canal. Lors de l’intervention, la dentiste a snappé le nerf à plusieurs reprises. J’ai éprouvé une douleur comme jamais auparavant. Je crois de plus en plus que ce n’est pas une coïncidence que je me retrouve avec une névralgie du trijumeau aujourd’hui. Mon neurologue n’y crois pas et je crois que tous les médecins vont réfuter un lien avec la NT non pas parce qu’ils en ont la preuve mais certainement parce qu’ils en doutent le lien et que ça aurait une incidence sur la pratique de la dentisterie

Claude

Voici le témoignage de Lucie

Bonjour France, j ai eu une dévitalisation aussi avec des douleurs atroces….cinq mois après je sentais toujours ma dent dévitalisée je suis alors allée voir un autre dentiste il m a dit que je n avais rien…..4 mois après j ai des douleurs dans l œil et un voile.  Je me rends aux urgences ( car pas d ophtalmologue avant 6 mois ) on me diagnostique une inflammation de la cornée .on me file un traitement .quinze jours insupportables,  je décide de consulter un ophtalmologue je pleure pour avoir un rdv .ça va je suis tombée sur une secrétaire sympa qui m a rappelé dans la matinée suite à un désistement….on me diagnostique une uvéite j ai des antibiotiques et cortisone je vois l ophtalmo pendant 2 mois chaque semaine …..pas d amélioration j ai toujours mal…..il me dit d aller voir mon médecin et de demander un scanner.le scanner fait les résultats tombent…:du pus partout contour de l œil sinus et dent.urgence retirer la dent .je vois un chirurgien dentaire re scanner …on découvre un granulome il faut agir vite je risque la septicémie .( il pense même me retirer toute les dents de la mâchoire supérieure ) après un autre scanner on voit que seule la dent dévitalisée et une partie de l os de la mâchoire est atteinte .il m opére et découvre un liste du pus et ? Devines ? Un morceau d un tire nerf que la dentiste a laissé ( sans rien me dire bien sûre ) ce pus… de morceau a perforé mon sinus …..donc après cette opération j ai du me faire reopérer du sinus ……bref j ai bien souffert …..au final les douleurs sont revenues …….Donc j ai insisté pour voir un neurologue car j allais voir sur internet pour comprendre ce qu il m arrivait …puisque personne me donnait de réponses ….mon neurologue m a diagnostiqué une névralgie du  trijumeau et algie vasculaire de la face avec cluster tic .j ai eu des traitements tegretol….lithium…… Bref ça m a bousillé l estomac ….plutôt qu agir sur ma maladie …..en juillet j ai eu rdv avec le docteur L***** à Lille ( neurochirurgie ) il m a diagnostiqué une hèmicranie paroxyste chronique .j étais en rémission jusqu à hier …..j ai un traitement le chronoindocid ( qui fonctionne sur cette pathologie au bout de trois jours si c est la bonne qui est diagnostiquer cette fois ci ! ) mais je ne peux pas commencer mon traitement car grosses douleurs dans l estomac,vésicule et pancréas je dois faire une écho ce matin ……..voilà mon histoire….c était long ……aussi long que nos souffrances .

Lucie

Et puis il y a les cas plus complexes, car ils font intervenir plusieurs professionnels de santé. Ces lésions ou pathologies causées par des professionnels de santé, sont aussi des pathologies iatrogènes. 

Voici le témoignage de Paule

Aujourd’hui, j’ai  56 ans.

 

Depuis une chute en randonnée en janvier 2009, j’avais mal aux cervicales. Et je souffrais d’une névralgie d’Arnold diagnostiquée par plusieurs neurologues.

Le seul soulagement étaient des manipulations très douces faites par un osthéopathe, mon osthéopathe. Il est décédé un beau mois d’été.

Suite à des recommandations, je me suis rendue chez une autre ostéo, « extraordinaire », qui travaille d’une manière très douce sur les organes en profondeur, professeur d’ostéopathie à Marseille. Enfin, la meilleure quoi?????

Je ne sais pas pourquoi ce jour d’Aout 2013, je me suis rendue à la consultation.   J’ai posé mon scanner des cervicales sur son bureau elle n’y a pas jeté un oeil. je lui ai dit, je m’en souviendrais,  « Je viens de la part de madame « untel », infirmière libérale qui m’a dit que vous travailliez sur les organes en profondeur et surtout très très doucement, sans faire mal.  » Elle m’a regardée en soulevant les yeux. « allongez vous, vous souffrez d’un sadam »……………………..??????

Elle m’a fait ouvrir la bouche très grand, a posé son genou près de ma tete, a mis son pouce entre ma dent de sagesse droite et l’articulation temporo mandulaire puis a appuyé,appuyé puis appuyé encore plus fort, j’avais la sensation de sentir craquer mes os craniens……..je soulevais le bras en faisant « haaaaa, haaaa ». Elle appuyait encore plus fort, en s’allongeant presque sur moi pour que son corps fasse plus de poids…….toujours son pouce positionné au meme endroit……

Voilà m’a t’elle dit après un temps qui m’avait semblé interminable, c’est comme celà que l’on traite le sadam.

« Continuez ce soir à appuyer……tant que vous le pouvez aussi fort que je l’ai fait. » Il va vous falloir une gouttière , je vous donne l’adresse de mon dentiste. (je ne m’y suis jamais rendue)……..

Le soir meme, je souffrais terriblement de névralgies dentaires, des décharges éléctriques, des lancements, des brulures……toute la nuit. Le lendemain celà s’était calmé. Et bien du coté droit, gencives et dents coté droit, maxilaire supérieure et inférieure.

La semaine d’après je débarquais en pleurant aux urgences avec des douleurs

effroyables à la face. Jamais je n’étais allée aux urgences pour mes névralgies d’arnold. Je reste persuadée que je n’avais pas de sadam…..

Puis trois fois, avec des douleurs indescriptibles je suis allée aux urgences, en pleurant comme un bébé. Jusqu’à ce jour de décembre 2013 ou j’ai été hospitalisée 10 jours et ou le diagnostic est tombé. Vous avez une névralgie du trijumeau………………..après avoir été aussi diagnostiquée AVF?

Puis ce fut le parcours du combattant, lorsque je parlais de mon parcours, de cette osthéopathe, personne n’a fait la relation, jusqu’au jour ou la professeur chargée du centre anti douleurs, céphalées et migraines, douleurs faciales chroniques a enfin fait la relation en le notant dans son compte rendu que j’ai à disposition.

J’ai été opérée d’une décompression micro vasculaire le 14 avril 2014.

Deux neuros chirurgiens ont décelé un conflit artère nerf sur mon irm.

Je pensais que tout serait fini après cela

Mais en septembre 2014, car je souffrais de cette articulation de la mâchoire (suite à là séance déclenchante chez l’osteo),  mon chirurgien m’avait quand meme prescrit une irm de l’ATM.

Après mon opération j’avais eu quatre mois de répit, puis je me suis rendue chez un stomatologue pour résoudre ce problème provoqué à la mâchoire.

Il a regardé ma panoramique dentaire et sans prendre cas de mes douleurs d’ATM, il m’a dit qu’il fallait me retirer la couronne de la 47 car elle était abimée aux racines. « Je n’ai pas mal à cette dent, docteur, j’ai mal à la machoire »……..

Laissez tomber la machoire, ne passez pas l’irm, laissez tomber je vais vous arracher votre couronne……..

Ceci a été fait une semaine plus tard. Deux jours après, les névralgies étaient reparties de plus belles.

Finalement, j’ai insisté et passé l’irm. Je souffre bien d’une lésion ménisco condylienne de grade II, réversible (le diagnostic de la 47 était donc non approprié). Je dois aujourd’hui selon un  occludondiste, porter une orthése qui va me couter de ma poche  1700 euros, alors que cette lésion a été causée par une ostéo. Pour l’instant je n’ai pas cette argent, ma machoire présente une béance que je n’avais pas et tire vers la droite, sans compter les douleurs supplémentaires.

De plus, cette extraction de la 47 m’a décuplé les douleurs neuropathiques du trijumeau qui sont insupportables, aucun traitement n’agit et ne rend tolérables ces douleurs. A ces douleurs viennent s’ajouter des douleurs névralgiques de la cicatrice de décompression.

Lors de ces errances, j’ai eu la chance de rencontrer Sophie, Magalie, Karine A,

dans le groupe Névralgie du trijumeau et avec qui je participe a cette aventure qu’est l’association de l’AFAT. Sans leur réconfort, leurs mots, je serais perdue.

Mon parcours n’est pas fini, mon histoire est longue, et souvent je baisse les bras, je n’ai plus d’énergie pour me battre. Et pourtant, il faut bien se battre.

 

Paule. 

Voici le témoignage de Sophie

Sophie, 40 ans
En 2006, je vais chez mon dentiste, pour une visite de controle.
Il me dit que tout va bien, très belle dentition mais juste une carrie en haut à gauche sur une molaire, il me dit « on ne va pas s embetter, inutile de la soigner, autant l enlever ».
Je reprends donc un rendez-vous avec lui 15 jours plus tards pour l extraction de la dent en question, pendant l intervention il n arretait pas de tirer dans tous les sens me disant que la dent était difficile à extraire que les racines etaient bien profondes et grosses…bref au bout d’un certain temps, la dent est extraite avec un bout de tubérosité en prime et beaucoup de sang, quand je suis sortie de chez lui j etais incapable de parler, de conduire, je ne tenais plus sur mes jambes, j avais le visage tout endormi et mal, très mal….impossible de me rendre à mon travail je n arretais pas de pleurer et de saigner.

Toute la nuit j ‘ai crié de douleurs, pleurer…en vain, rien ne calmait ces douleurs. LE LENDEMAIN MATIN je me rends immédiatement à son cabinet, je n ‘arrive plus à ouvrir la bouche, j ‘ai du sang séché, malheureusement il est en congès ce jour là, c est son remplacant qui me prend entre deux rendez-vous ( en voyant ma tête il à compris que quelque chose n allait pas ! )  il me prescrit des antibiotiques, un bain de bouche et me dit que j ai un trismus….
bref les jours passent, 15 jours à manger avec une paille, mais enfin ces douleurs disparaissent, mais une sensation bizarre se produit alors, j ‘ai de nouveaux symptômes, des éclairs vifs et brefs , des coups de poignard, une joue cartonnée, et une insensibilité (note du blog: ceci s’appelle un anesthesia dolorosa, c’est un symptôme que les dentistes connaissent et qui signe une lésion iatrogène du nerf V, dans ce cas, le patient devrait entre adressé dans les plus brefs délais à un spécialiste neurologue) je ne comprends pas, le dentiste me dit que c est post opératoire, ça va passer, mais ça ne passe pas, et ça s ’empire.

Je souffre durant des mois, mon médecin traitant me donne du lyrica et me dit que j ai des parasthésies, je change de médecin traitant , je vois deux neurologue dans la foulée, passe 3 irm et verdict: névralgie du trijumeau!
Depuis 2007 je suis sous Tegretol, j ‘ai pris 30 kilos, ceci faisant partie des effets secondaires des  médicaments.

J ‘ai connue l’enfer au niveau douleurs, je me suis battue pour mes proches uniquement, car j ai voulu en finir plus d une fois !

Voilà mon témoignage, c est une sale maladie provoquée,  un sale truc qui bouffe une vie,

Il faut se contruire une nouvelle idéntité, c ‘est dur, très dur.

Sophie

Voici le Témoignage de Bruno

Bonjour à tous,
Agè de 36 ans et travaillant en tant qu’éducateur spécialisé je suis enclin depuis maintenant bientôt deux ans à des douleurs neuropathiques sur l’ensemble du visage. Elles sont localisées sur toute la machoire. Dents, palais , langue et fond de la bouche sont pris en tout instant de la journée. Je n’ai pas envie d’ecrire sur le processus mis en place depuis deux ans et sur le désert médical qu’entraine cette maladie afin de poser un diagnostic précis et fiable. J’ai davantage envie d’ecrire sur les conséquences de ce problème de santé au quotidien.
Ces douleurs bouleversent, le corps est transpercé de toutes parts et cela m’oblige à regarder en moi afin de continuer à vivre. Oui, j’ai voulu en terminer à de nombreuses reprises tellement les douleurs étaient fortes et inhumaines mais je me suis accroché et aujourd’hui cela va mieux, la douleur est davantage supportable et le moral est d’acier. J’ai appris à supporter la douleur et à ne plus la montrer à autrui. Bref, la souffrance est silencieuse, il faut se battre. Lorsque l’on comprend que ces douleurs sont présentes pour une durée indéterminée alors une seule question vient à l’esprit. Comment puis-je faire pour avoir le moins mal possible aujourd’hui? L’objectif du matin est de rendre la journée supportable et demain est un autre jour. Il faut alors mettre en place des stratégies. Pour ma part je vois une hypnothérapeute, une masseuse tout en faisant de l’auriculothérapie et en étant suivi dans un CMP. Très vite j’ai compris qu’il faut travailler à la fois sur le corps et l’esprit pour pouvoir supporter la vie telle qu’elle est. Je considère aujourd’hui que c’est une renaissance, que le moi d’avant n’est plus et ne reviendra jamais. L’alimentation, la pratique du sport, le rapport aux autres…. tout est bouleversé. Les aliments sont ecrasés afin de manger mous, en société il faut se créer une facade afin de ne pas tomber dans la plainte journalière qui à la longue lasserai l’entourage. Les voyages ne sont plus d’actualité. Le sportif d’avant que j’étais ne peux plus courir ou faire du badminton, la fatigue vient très vite et je peine dès que l’effort est trop long ou trop dur. La fatigue est difficile à gérer, aussi dur que ces douleurs. Les coups de bambous où les vertiges sont présents arrivent souvent. Une énergie importante est donné pour supporter ces douleurs, il n’en reste que très peu pour tout le reste. Il faut se réinventer pour continuer.
Au niveau social, je suis considèré travailleur handicapé pour 2 ans et demi. L’invalidité première catégorie va arriver dans les prochains mois. Je pense ne plus pouvoir travailler à plein temps et sans doute que le reste de ma carrière se fera à mi-temps. Difficile de continuer un metier d’éducateur dans ce contexte mais je m’y accroche et les moments passés avec les jeunes sont positifs. Merci à eux de me donner ces bulles de sourires.
Enfin, je finirais par une reflexion. Ce qui me semblait commun hier prends une importance capitale aujourd’hui. Sentir le soleil, regarder une fleur, le sourire d’un enfant, la lecture d’un livre  sont des petits moments de joie dans une journée qui font que je tiens. La vie avec un grand V est bien plus importante que ce problème de santé. L’energie de vie est présente et je l’a sens au fil des heures. Dans mon métier je me suis toujours demandé comment des personnes peuvent se maintenir en vie en étant dans la rue ou atteint d’une maladie grave. Je le comprends mieux maintenant. On part tous à un moment ou un autre mais la vie est la plus forte. Au début je criais à l’injustice avec une haine et une rage envers le corps médical et plus encore envers le stomatologue qui m’a touché le nerf trijumeau. Je suis dans une autre optique maintenant, j’essaye de me persuader que cette epreuve est présente pour me faire grandir en tant qu’être humain et que je ne peux qu’être fier d’être arrivé jusque là. Le médecin du centre anti-douleur m’a expliqué qu’il voyait avec cette maladie des personnes se laissées couler pour ne plus remonter. de cela je ne veux pas alors j’essaye de m’enrichir intérieurement tout en prenant soin de mon corps. Très facile à dire mais extremement difficile à faire. Il est dit que dans toute vie, l’être humain à un combat à mener. J’ai compris quel était le mien, je l’ai accepté et je fais avec jour après jour en me demandant ce que je peux faire au niveau personnel, quotiden, social, professionnel pour être bien tout en vivant avec ces douleurs.
Bruno.