Douleurs Neuropathie Faciale, quand le Dentiste Fait Mal

 

De simples actes dentaires comme extraction de dent de sagesse ou pose d’implant peuvent provoquer la pire des douleurs à vie

Toutes les publications citées dans ce blog sont des publications officielles, qui ont été validées par un comité scientifique international d’experts. c’est indiscutable, et pourtant chaque patient qui se voit blessé neurologiquement, passera en moyenne 4 ans d’errances médicales où il se vera diagnostiqué de troubles psychosomatiques, subira des tas d’examens médicaux, se fera mettre en arrêt maladie car souffrant trop.

Ceci représente un coût énorme pour la collectivité. Un souffrance individuelle gigantesque. Tout cela est évitable

neuropathie trijumeau post dentaire

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Nerf Trijumeau Blessé: Action ou Réactions

3 types de lésions du nerf trijumeau et leurs conséquences : depuis la moins grave jusqu’aux changements de structure et de types de neurones.

 

Une étude a été faite sur les types de lésions du nerf trijumeau est ses différentes conséquences possibles :

The number and size of axons central and peripheral to inferior alveolar nerve injuries in the cat. Journal Anat. 1990 Dec; 173: 129–137

Pour des raisons éthiques évidentes, ces études ne peuvent être effectuées sur l’homme, et pourtant…en toute bonne conscience, il est encore dit systématiquement aux patients que le nerf repousse. C’est vrai, cependant pas sans dommage. Voici ce que cette publication révèle:

Cette publication a été effectuée en 1990, il y a donc presque 30 ans que ce phénomène est connu (et depuis sont venus se rajouter les études en neuro immunologie, ainsi que les mutations d’ADN). Il est hautement regrettable qu’il ne soit pas encore enseigné en faculté de médecine et de dentisterie, ni dans les stages de formations d’implantologie, car en voici les conséquences :

nerf trijumeau sectionné

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Processus d’Installation de la Chronicité de la Neuropathie du Trijumeau Post Dentaire, son Evolution et ses Risques de Pathologies Secondaires

 

La Neuro Immunologie Expliquant la Chronicité Neuropathique

Comme indiqué dans mon dernier article, je soulignais, avec l’aide d’une traduction de publication scientifique, le fait que la neuropathie post traumatique du nerf trijumeau est directement liée à un processus inflammatoire et immunitaire[1] . Dès lors, il semble mal adapté et même d’un mauvais pronostic d’évolution neurologique pour le patient, de ne traiter que la douleur par le biais de molécules qui vont « couper » le passage de l’information de la douleur, sans prendre en considération l’inflammation que cette neuropathie génère.

processus-installation-douleur-chronique-trijumeau-post-dentaire

Cet article va être appuyé par de nombreuses publications qui soutiennent ses arguments.

Le point de départ : la lésion d’une branche du nerf trijumeau.

Le processus de lésion peut se faire par

-atteinte directe du nerf (lors d’une extraction dentaire, du placement d’un implant, d’une résection apicale ou toute intervention chirurgicale dentaire se rapprochant du nerf) ou par

-atteinte indirecte : compression par débris osseux, mal fracture, hématome.

-Cette lésion peut également s’opérer de manière chimique : produit d’anesthésie (injection de produits anesthésiques en trop forte dilution ou à trop forte dose),

– par une infection (ostéonécrose, non ostéointégration d’implants…) [1] [2] qui par définition entretient une zone inflammatoire avec les conséquences vasculaires entrainant à leur tour un cycle vicieux inflammatoire et nociceptif [ 3]

-ou biensur par une accumulation des différents facteurs sités ci dessus, l’effet cumulatif augmentant encore les risques d’irréversibilité de la neuropathie

La guérison des nerfs

La guérison des nerfs suit un schéma similaire quelque soit la région où le nerf se situe. Cependant la rapidité d’installation dans un schéma de neuropathie avec douleur chronique dépendra largement de l’importance du nombre de fibres lésées, de la taille du nerf et du type de fibres composant ce nerf. Le nerf trijumeau, principalement sensitif, occupant plus de 40% [2] de la surface corticale sensitive , la dégénérescence rétrograde de Waller s’opèrera en quelques minutes seulement [].

évolution neuro immunologique d'un nerf lésé

Il est à noter que selon la zone lésée ou comprimée, le type de fibre A et C, ( ratioA/C) déterminera le type de douleur (paroxystique ou constante) ainsi que la rapidité de transmission de la douleur .

Lorsqu’un nerf est blessé, le processus de guérison se déclenchera par la destruction des débris avec l’aide du système immunitaire par le biais des macrophages et des lymphocytes. Ces derniers représentent l’une des premières mobilisations de médiateurs de l’inflammation. Ces médiateurs incluant l’histamine, la sérotonine, les facteurs de croissance neurologique ; ces médiateurs vont entrainer une cascade de nocicepteurs qui vont infiltrer les tissus voisins.

Ceci résultant inévitablement en une inflammation de toute la zone. Cette inflammation va se propager (toute la partie distale du neurone lésé va être détruite par ce processus décrit par Waller, dans le schéma ci-dessus, lésion d’une fibre myélinisée).

 

Un éventail linéaire de cellules de Schwann est observé entre les fibres nerveuses déconnectées, ceci provoquant l’augmentation significative des facteurs de croissance neurologiques. De plus, les récepteurs d’encodage génétiques mARN ( ARN messager ) montrent une augmentation prononcée et la régénération nerveuse est activée. Ces mécanismes de défense et réaction de réparation peuvent être réalisés endéans les 2 à 3 semaines. (Ce sujet sera abordé par les membres de l’IASP (international association for the study of pain) se réunissent à la mi juin 2017 à Gothenburg (Suède) et un atelier sera orienté sur ce sujet par la Pr Marzia Malcangio, UK : miRNA containing exosomes for neuroimmune communication in the nervous system).

 

Le degré de la lésion va déterminer le nombre et le type de fibres blessées.

Le nerf alvéolaire inférieur par exemple, peut subir :

-une élongation de certaines fibres ou de l’ensemble des fibres du nerf

-la section complète des fibres, les fibres non myélinisées seront plus sujettes aux blessures car elles sont plus exposées.

processus-installation-douleur-chronique-trijumeau-post-dentaire

Néanmoins, le degré de la lésion ne sera pas le seul facteur qui déterminera l’installation et l’irréversibilité de la douleur chronique neuropathique. Comme le montre le schéma ci-dessus, des fibres C non protégées subiront rapidement une atteinte telle qu’une élongation ou une nécrose par compression, ces fibres C cicatriseront en créant des éphapses ; il s’agit de ponts ou bourgeonnements entre fibres de fonctions différentes.

De la lésion périphérique à la moelle épinière :

La reconnexion anarchique de fibres conduisant le froid et/ou le chaud avec des fibres conduisant la douleur provoquera le cheminement d’informations erronées de type douloureux jusqu’au niveau des noyaux relais du trijumeau dans le tronc cérébral et la moelle épinière.

Ces noyaux relais subiront également l’envahissement de substances nociceptives de type inflammatoire, qui vont se diffuser dans l’ensemble de la zone sensitive. Cet envahissement de nocicepteurs provoque des douleurs et perturbations fonctionnelles secondaires par infiltrats vers les noyaux voisins (noyaux d’autres nerfs). Les liens et interactions entre le nerf trijumeau et le nerf occipital par exemple ont été démontrés dans une publication [4] qui valide la connectivité fonctionnelle entre le nerf occipital et le nerf trijumeau. De nombreux éminents chercheurs en neurologie se focalisent entre autre sur cette étape du relais de la moelle épinière pour expliquer l’installation de la douleur neuropathique dans sa chronicité. La Pr Rebecca Seal (USA) présentera son sujet de recherche depuis des années : Dorsal Horn Circuits mediating mechanical allodenia and the transition to a chronic pain state devant les membres de l’IASP lors de la conférence d’étude de la douleur.

Infiltration inflammatoire de la moelle épinière, la preuve en photo :

Cette photo ci-dessous d’une coupe horizontale de la moelle épinière souligne, grâce à des marqueurs fluorescents, l’infiltration de la zone ipsilatérale (même côté) suite à une lésion d’une branche du nerf trijumeau chez le rat.

activation des microglies dans la moelle

L’anatomie du nerf trijumeau, depuis la périphérie vers le systéme nerveux central (les fibres afférentes)

Un petit rappel de la proximité anatomique des nerfs crâniens et leurs fonctions permettent de faire le lien des symptômes et douleurs secondaires présentés par les patients souffrants de lésion du nerf trijumeau par le biais des cellules gliales inflammatoires diffusant dans la moelle épinière, le tronc cérébral et le mésencéphale.

nerfs-craniens-12-paires

Le schéma ci dessous montre bien la situation du nerf trijumeau :

Le trijumeau est souvent considéré come partie intégrante du cerveau, de nombreux patients soulignent des douleurs et faiblesses de l’hémicorps du côté du trijumeau lésé, ce qui est décrit dans cette publication par [5].

noyaux-du-trijumeau

Le schéma ci dessous montre l’étendue du noyau sensitif du nerf trijumeau (colonne S), ainsi que ses proximités avec les autres nerfs crâniens (les colonnes M représentant les fibres motrices)

 

topographie-noyaux-spinal-trijumeau

Du tronc cérébral au cortex sensitif : Passage de l’influx nerveux et nocicepteurs:

Après être passée par la corne postérieure de la moelle épinière, l’information douloureuse transmise par les neurones arrive au niveau du cortex sensitif. Le cerveau recevant un signal douloureux quasi constant (à la moindre exposition au froid, au chaud, au touché léger), va voir son système immunitaire débordé par les nocicepteurs et par une trop grande mobilisation des cellules microgliales (les cellules du système immunitaire du système nerveux central). Ces cellules immunitaires vont provoquer, par la présence de nocicepteurs, la centralisation de la douleur. De plus, cette recrudescence de cellules microgliales provoquera la rupture de la barrière de la circulation sanguine entre le système nerveux central et le système nerveux périphérique avec des conséquences de maladies neurodégénératives lourdes, permettant la circulation de cellules neuro-immunologiques du même type que les cellules retrouvées dans la sclérose en plaque, Alzheimer ou Parkinson [6] .

Conclusion

En conclusion, le tableau clinique du nerf trijumeau lésé peut s’avérer lourd de conséquences car, à la douleur chronique d’une grande intensité viennent se greffer des pathologies associées dont on ne mesure pas encore intégralement les nombreuses implications sur le pronostic de qualité de vie et la longévité des patients souffrants de neuropathies iatrogènes du trijumeau. L’ensemble des points soulignés si dessus est clairement renforcé par ces publications révélant d’autres implications sur la santé des patients souffrant de douleurs neuropathiques chroniques ( les effets secondaires de la pharmacothérapie, bien que considérables, ne sont pas repris dans cet article):

L’inflammation du cerveau perturbe radicalement la mémoire selon une etude de UCI. https://news.uci.edu/press-releases/brain-inflammation-dramatically-disrupts-memory-retrieval-networks-uci-study-finds/

La depression sévère liée à l’inflammation du cerveau

La douleur chronique peut entrainer une dépression nerveuse.

http://www.medicalnewstoday.com/news/severe-depression-linked-inflammation-brain-288715

 Traiter la douleur…sauvez un coeur.

Les douleurs extrêmement présentent un profond impact négatif sur le système cardio vasculaire.

https://www.practicalpainmanagement.com/pain/other/co-morbidities/treat-pain-save-heart

 Sentir la chaleur-Le lien entre inflammation et cancer, publication du centre de recherche contre le cancer en Angleterre. UCI clamme que maintenant il est reconnu que le côté sombre de l’inflammation est une force puissante à developer le cancer, cette inflammation est une aide au développement de tumeurs et à sa dissemination dans l’ensemble du corps.

http://scienceblog.cancerresearchuk.org/2013/02/01/feeling-the-heat-the-link-between-inflammation-and-cancer/

 Ou encore une étude de MIT:

Comment l’inflammation chronique peut mener au cancer.

http://neurosciencenews.com/chronic-inflammation-cancer-2399/

 

References :

[1] Neuroinflammation and the generation of neuropathic pain. authors: A. Ellis D. L. H. Bennett

https://academic.oup.com/bja/article/111/1/26/331677/Neuroinflammation-and-the-generation-of

[2] : Diagnosis and Management of Inferior Alveolar Nerve Damage Associated with Dental Implant Surgery. Tara Renton, Maria Devine: King’s College London.

https://www.researchgate.net/publication/259970470_Diagnosis_and_Management_of_Inferior_Alveolar_Nerve_Damage_Associated_with_Dental_Implant_Surgery

[3] : Early alterations of Hedgehog signaling pathway in vascular endothelial cells after peripheral nerve injury elicit blood-nerve barrier disruption, nerve inflammation and neuropathic pain development. Moreau, Nathan; Mauborgne, Annie; Bourgoin, Sylvie; Couraud, Pierre-Olivier; Romero, Ignacio A.; Weksler, Babette B.; Villanueva, Luis; Pohl, Michel; Boucher, Yves

http://journals.lww.com/pain/Abstract/2016/04000/Early_alterations_of_Hedgehog_signaling_pathway_in.10.aspx

[4] Functional connectivity between trigeminal and occipital nerves revealed by occipital nerve blockade and nociceptive blink reflexes. Busch V1, Jakob W, Juergens T, Schulte-Mattler W, Kaube H, May A.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16396666

[5] Nondermatomal somatosensory deficits in chronic pain patients: Are they really hysterical? Niklaus Eglof, Folkert Maecker, Stefanie Stauber, Marzio Sabbioni. Libuse Tunklova, Roland Von Kaenel

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0304395912002898

 

[6] Peripheral nerve injury and TRPV1-expressing primary afferent C-fibers cause opening of the blood-brain barrier. Simon Begs, Xue Jun Liu, Chun Kwan, Michael Salter.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2984489/  

[7] Pain Management for Nerve Injury following Dental Implant Surgery at Tokyo Dental College Hospital. 2012 Ken-ichi Fukuda et al.

https://www.hindawi.com/journals/ijd/2012/209474/

 

La Neuropathie Post Traumatique est Toujours Accompagnée d’Inflammation Importante et Chronique. Une Nouvelle Science: La Neuro Immunité.

La neuro-immunité est une discipline médicale récente, qui semble encore beaucoup trop ignorée par les neurologues, algologues, anesthésistes qui vont prendre en charge les douleurs neuropathiques post traumatiques.

Le résumé de la publication proposée ci-dessous le souligne très clairement: la douleur neuropathie est intimement et obligatoirement liée à une inflammation importante et chronique.

En couvrant ces douleurs neuropathiques exclusivement avec l’aide de produits « coupant » les communications entre nos neurones semble donc dès lors comme un emplâtre sur une jambe de bois.

La Preuve Qu’une Lésion d’Un Nerf se Soigne par Anti-Inflammatoire:

C’est d’ailleurs pour cette raison que le protocole proposé par des spécialistes de la lésion du nerf trijumeau, propose comme traitement d’urgence, en première intention: un traitement à base de puissants anti-inflammatoires: corticoides ET anti-inflammatoires non stéroidiens, cumulés à des substances empêchant une reproduction (duplication) trop rapides des cellules micro gliales ( cellules responsables de l’immunité du système nerveux central): ces dernières molecules prescrites dans ce protocole sont les anti histaminiques.

Cet article m’est inspiré par un praticien qui insistait sur l’importance de l’action anti douleur d’un médicament, me soulignant qu’aux doses où je le prenais, il avait une action anti-inflammatoire et non plus anti-douleur. Alors, moi qui ressens la douleur, moi qui porte le poids de cette neuropathie iatrogène, je suis « relativement » bien placée pour dire…que les anti-inflammatoires m’aident, et qu’il m’en faut des doses massives…je suis la preuve vivante de ce qu’avance cette publication citée ci-dessous. Ce manque de prise de conscience de l’importance de l’inflammation présente dans les neuropathies iatrogènes du trijumeau est surprenant quand on sait que l’inflammation est au programme de l’enseignement dès la terminale S: Voici le lien qui donne brièvement le lien inflammation=douleur,, rougeur, gonflement et chaleur, ainsi qu’un afflux des cellules de l’immunité dans le programme de SVT de terminale.

Il est vrai que dans le cas de neuropathie du nerf trijumeau, l’inflammation est tellement importante lorsque la douleur est chronique (le nerf représente presque 50% de la surface du cortex sensitif), qu’il faut des quantités tellement importantes d’anti inflammatoire que notre organisme ne peut pas en supporter les effets secondaires à long terme.

Dès lors, il semblerait intéressant de cumuler une action de blocage de l’influx nerveux avec une action anti inflammatoire et anti mitotique (empêchant les cellules inflammatoires du système immunitaire nerveux de se dupliquer trop massivement, entraînant la centralisation de la douleur).

C’est ce que propose cette publication sur la neuro immunologie:

La publication présentée ci dessous reprend tous ces points.

voici le lien vers l’article en anglais proposant une bibliographie au sujet de ce protocole

Neuro inflammation et Neuropathie

Neuroinflammation and the generation of neuropathic pain

British Journal of Anesthesia BJA

Auteurs: Ellis D. L. H. Bennett

https://academic.oup.com/bja/article/111/1/26/331677/Neuroinflammation-and-the-generation-of

Résumé

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Souffrir de Neuropathie Iatrogène du Trijumeau, Concrètement, ca Ressemble à Quoi?

La Neuropathie iatrogène du nerf trijumeau est considérée comme pouvant faire partie des douleurs les plus intenses que l’homme puisse connaitre. Cela n’arrive qu’aux autres…faux….en Angleterre 3600 nouveaux cas par an sont enregistrés, c’est plus que le nombre de morts sur la route en 2015…

Elle est souvent invisible, ne se diagnostique que grâce à l’anamnèse (historique de la douleur).

Une fois la douleur chronique installée, le patient en souffrira à vie. Ça c’est la version internationale, la version française: avec le traitement approprié, la vie reprend.

Les traitements palliatifs contre la douleur, même les plus forts, sont bien trop souvent inefficaces.

Et parfois, quand l’inflammation est à son apogée, on découvre une hemi-face rouge comme la photo ci dessous.

suite-erreur

Qu’est ce qui fait mal:

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Lettre Ouverte aux Dentistes « Encore Septiques » du Grand Risque d’Irréversibilité de la Neuropathie Iatrogène du Trijumeau

Il y a une semaine, jour pour jour, je recevais un message en commentaire de mon article: 11 questions-réponses au sujet de la neuropathie post traumatique dentaire à l’usage des dentistes .

En voici le contenu…la preuve en image, Cher Dr, vous remarquerez que j’ai eu la délicatesse de flouter votre nom…afin de ne pas vous faire de contre publicité.

commentaire dentiste neuropathie

Je tiens également à souligner que j’ai le choix de publier votre commentaire, ou de le refuser. Par esprit ouvert et scientifique, j’ai choisi de le publier, et de vous répondre. Voici la réponse que j’ai envoyé a ce Dr la semaine dernière a chaud:

Je vous remercie de m’avoir lue. Mes écrits ne se basent que sur des publications scientifiques. Toutes disent la même chose: à savoir: pour des lésions du trijumeau a la suite de pose d’implants, une chirurgie de dépose et un protocole médicamenteux doit impérativement se mettre en place dans les 30 heures…ce n est pas moi qui le clame…mais des dizaines de spécialistes, chirurgiens maxilo faciaux et ou neurologues. Je vous engage vivement à lire le livre ( qui est Co écrit par ces dizaines de spécialistes mondiaux) qui est une compilation de publications, qui ont été, au demeurant, validés par des paires internationaux, ce livre de 350 pages n’est il pas TOTALLEMENT objectif?
Vous qualifiez mes écrits de subjectifs basés sur mon cas, vous vous méprenez, lisez donc les publications de Pr Tara Renton pour ne citer qu’elle….qui base ses publications sur des centaines de cas….tous NON réversibles.
Alors afin que nous conversions de manière totalement objective, vous évoquez des publications qui font état de la réversibilité….soyons donc tous deux scientifiques et objectifs: citons nos sources, merci de citer le même nombre de publications revues par des paires internationaux, qui feraient état de la réversibilité…
Vous soulignez très justement, et je vous en remercie, que je ne propose aucune solution….et oui, bien vu…il n’y a PAS de solution…uniquement des traitements palliatifs de la douleur. La seule option, ç est la prévention et l’action extrêmement rapide…en urgence…d’un protocole dont je cite la publication du Pr Carl Misch aux USA, qui est d’ailleurs, depuis, confirmé par l’ecole dentaire de Lithuanie( Ooops apparement ils seraient plus à la pointe qu en France….c’est gênant) ( vous auriez peur etre du lire…vraiment mon article, avant de commenter de manière aussi légère. )
Et pour finir, je me suis présentée dans cet article, vous savez donc qui je suis, merci de vous présenter, qui êtes vous, quelle est votre activité professionnelle . Nous parlons ici d’un sujet qui ne tolère pas la médiocrité ni le manque de formation. Si vous faites partie du corps médical, je vous remercie vivement de lire bon nombre de publications et de continuer à vous former….
Nous ne pouvons continuer à converser si vous vous présentez et citez un nombre conséquent de publications faisant état du contraire.  »

Pas de réponse scientifique, pas de réponse du tout

Après une semaine, pas de réponse….et pour cause, ce Dr  ne peut bien entendu pas me citer de publications clamant le contraire, il n’en existe pas (depuis j’ai fait des recherches sur internet et sais qu’il est dentiste).

Je vais donc partager quelques citations publiées dans des papiers au sujet de la neuropathie trigeminale traumatique douloureuse.

Pr Tara Renton,

Managing iatrogenic trigeminal nerve injury : a case series and review of the literature

Manager la lésion iatrogène du nerf trijumeau : étude de cas et revue de la littérature.

« Généralement pour des lésions des nerfs périphériques chez l’humain, la règle d’or est de réparer dés que possible après la lésion. Les séries relativement rares de nerfs trijumeau réparés chez l’humain s’en réfèrent principalement à des chirurgies entreprises plus de 6 mois après la lésion, ce qui est insatisfaisant.

Ce phénomène est particulier à la dentisterie et pourrait être basé sur l’idée fausse que la majorité des lésions du nerf trijumeau sont résolutives, alors qu’en fait, seulement les lésions du nerf lingual sont résolutives en 10 semaines à 88%.

Il apparaît évident à la revue de littérature qu’il est besoin de changement culturel dans le choix du traitement, timing et critères des conséquences lors de l’évaluation d’une intervention pour lésion du nerf trijumeau. Au jour d’aujourd’hui, il n’y a eu qu’un nombre très limité d’études évaluant l’effet de retard de traitement. Ceci est probablement du à la difficulté éthique d’initier une telle étude. »

 »

Généralement, la colère et la frustration du patient subissant une lésion iatrogène sont causées par la gestion médiocre du clinicien impliqué.

Apres avoir causé la lésion, beaucoup de patients se plaignent du refus de communiquer du praticien ou du déni de la blessure du nerf par ce dernier.

De plus ; en soins secondaires, le patient est traité durant plusieurs mois ou même années, par une succession d’équipes juniores, offrant des espoirs faux et peu réalistes, des assurances que leur nerf va guérir.

Si des dommages se produisent, une reconnaissance rapide et adresser le patient à un spécialiste des lésions du nerf trijumeau sont des éléments fondamentaux à l’amélioration du traitement du patient. »

 

Minimising and managing nerve injuries in dental surgical procedures (Tara Renton)

Ces blessures sont associées  à 34%, jusqu’à 70% d’incidence de neuropathies douloureuses, ce qui est élevé en comparaison d’autres lésions de nerfs périphériques. 

These injuries are associated with a 34%
to 70% incidence of neuropathic pain,22 which is high when compared with the other causes of peripheral nerve injury.

 

Ou encore, des citations de publications internationales revues par des paires d’autres auteurs scientifiques:

Pain management for nerve injury following dental implant surgery at Tokyo dental college hospital.

Management de la douleur consécutive à une lésion du nerf lors de chirurgie implantaire à l’hôpital de l’école dentaire de Tokyo.

« De telles chirurgies implantaires peuvent cependant endommager les nerfs ceci résultant en une chute subite de la qualité de vie « QOL »

De plus, une fois qu’une telle lésion se produit, une récupération complète est rare sauf si la lésion est seulement mineure. L’interaction entre le système sensoriel neurologique périphérique et le système nerveux central SNC est extrêmement compliquée, contrairement à celle du systeme osseux ou muco membraneux. Le moyen par lequel l’information est transmise entre les nerfs et le système nerveux central est complexe et peut aisément être perturbé. Une lésion mineure telle qu’une morsure peut résulter en seulement un engourdissement. Cependant, des lésions plus sévères peuvent résulter en une dysesthésie ou une douleur neuropathique, causant un inconfort soutenu, particulièrement la nuit et affectant sévèrement la qualité de vie. »

« Lorsque les fibres du nerf alvéolaire inférieur sont endommagées lors de la pose d’implants, une dégénérescence rétrograde du SNC ainsi que des dégénérescences de Wallerian s’opèrent vers la périphérie commençant depuis le site de la blessure en quelques minutes seulement (figure 1). Même si toutes les fibres du nerf sont sectionnées, elles vont rapidement se reconnecter si l’implant est ôté. Un éventail linéaire de cellules de Schwann est observé entre les fibres nerveuses déconnectées, ceci augmentant significativement les facteurs de croissance neurologiques. De plus, les récepteurs d’encodage génétiques mARN ( ARN messager) montrent une augmentation prononcée et la régénération nerveuse est activée. Ces mécanismes de défense et réaction de réparation peuvent être réalisés endéans les 2 à 3 semaines.

 

Quoique les connections s’opèrent histologiquement, les fonctions elles par contre ne guérissent pas.

Reconnexion ne signifie pas guérison de la plaie. Au contraire, une reconnexion sous de telles conditions peuvent causer la détresse du patient. Le nerf alvéolaire inférieur est complexe et est responsable d’algesthesie (sensibilité douloureuse) et de sensibilité au touché, à la pression, à la chaleur, au froid bien que le mécanisme de chacun soit différent. Une analogie serait les réseaux de tuyauteries souterraines dans une grande ville, qui transporte le gaz, l’electricité, le téléphone, eau, égouts, mais chacun séparément et par un autre circuit.

Si les réseaux des fibres sont perturbés, l’isolation de la structure est compromise,et lorsque la regeneration prend place des fibres adjacentes peuvent accidentellement se connecter. Ceci signifiant que des impulsions des nerfs périphériques peuvent être envoyées vers la mauvaise destination, puis de là, au SNC. Si nous reprenons l’analogie ci dessus,, c’est comme si les tuyaux d’eau et de gaz souterrains ayant été cassés durant un tremblement de terre se soient inter connectés. Ces connections inappropriées sont qualifiées de « ephapses » et ont été prouvées en laboratoire sur le modèle animal. »

En bref, je ne vais pas tous les citer, il en existe des dizaines de publications…mais il est clair qu’une fois le nerf lésé…une marche arrière totale n’est plus possible, a fortiori si vous niez, attendez, laissez votre patient souffrir d’infections et d’inflammations, autant de facteurs aggravant garantissant la gravité et la comorbidité de cette lésion (le terme est utilisé dans différentes publications).

Et pour ceux qui veulent réellement en apprendre d’avantage sur la complexité a traiter cette neuropathie du trijumeau, voici une bibliographie de choix:

Le Livre:

Trigeminal Nerve Injury

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Il est disponible sur Amazon, accessible immédiatement sur Kindle. Les 350 pages de ce livre regorge d’informations se basant toutes sur des publications acceptées internationalement.

Il comporte pas moins de 20 chapitres, chacun se basant, et citant entre 30 et 80 publications….c’est dire que le sujet de la lésion du nerf trijumeau est un sujet complexe.

 

La complexité de ces lésions résident dans l’irréversibilité mais aussi dans la résistance au traitements pharmacotherapeutiques.

Les statistiques de réponses aux traitements  est clairement démontré dans cette  publication du Pr Rafael Benoliel qui démontre que seulement 11% des patients atteints de Neuropathie trigeminale traumatique douloureuse (PPTTN) répondent favorablement au traitements (a contrario des patients atteints d’autres neuropathies telles que neuropathies post herpétiques…les névralgies chroniques du trijumeau, répondent elles, a 74% aux traitements pharmacotherapeutiques):

Painful Traumatic Trigeminal Neuropathy: An Open Study on the Pharmacotherapeutic Response to Stepped Treatment, Pr Rafael Benoliel

 

En bref, Cher Dr, je vous engage à reconsidérer votre raisonnement….beaucoup de lésions sont réversibles?

Dans l’espoir que cette lettre ouverte  aux dentistes suscite des curiosités bénéfiques.

Neuropathie Post Traumatique et Douleurs de l’Hémicorps: Hystérie ou Réalité?

Déficits somato-sensitif non dermatomériques chez les patients souffrants de douleurs chroniques : Sont ils vraiment atteints d’une Hystérie Psychiatrique ?

 

Dans des publications scientifiques telle que celle du Departement de Medecine Interne, Division de Medecine Psychosomatique de l’Hopital Universitaire de Bern, Suisse ; des patients souffrants de douleurs chroniques montrent souvent des déficits somatosensitifs non dermatomériques (NDSDs, ce terme a été proposé par Mailis-Gagnon et Nicholson K dans leur étude publiée dans le journal scientifique : Clinical Pain Journal) ces déficits sont considérées comme fonctionnels. Dans certains cas, des symptômes moteurs y sont également associés (faiblesses, postures anormales, troubles de la démarches… selon l’etude de Mailis-Gagnon A, Nicholson K. On the nature of nondermatomal somatosensory deficits. Clin J Pain 2011;27:76–84).

dermatomes

Il est egalement souligné par ces auteurs que la prévalence des NDSDs varient entre 25 et 50 % dans les cohortes de populations de douleurs chroniques ( toutes douleurs chroniques confondues, il est a noter que les douleurs chroniques des nerfs craniens, étant d’une grande intensité, la prévalence est probablement plus élevée).

Des 1920 ces symptômes sont décrits

Des 1920, une etude scientifique démontre ce phénomène douloureux associé à des douleurs chroniques dans cette etude allemande:  Pette H. Das Problem der wechselseitigen Beziehung zwischen Sympathikus 
und Sensibilität [German]. Dtsch Z Nervenheilk 1927;100:143–8.

Habituellement, les NDSDs montrent une distribution ipsi lateral de la zone de douleur chronique, ceci sur un quadrant ou l’hémicorps. Selon le Manuel des Statistiques des Désordres Mentaux, 4ieme édition, et de la Classification Internationale des Pathologies, 10ieme révision, de tels déficits somatosensitifs sont classés dans le chapitre « désordre de conversion » ( catégorie psychiatrique). De nombreuses publications utilisent également le terme « perte sensitive hystérique » Cependant, les doutes augmentent au sujet de cette vue psychiatrique unilatérale. Ces scientifiques se sont fixé comme but de mieux caractériser les facteurs bio-psycho-sociaux associés avec cette NDSDs. Pour ce faire, ils ont comparé deux groupes de patients souffrants de douleurs chroniques, 90 souffrants de douleurs chroniques associées à une NDSDs, 90 ne souffrants que de douleurs chroniques. Les patients avec NDSDs montraient tous des déficits somatosensitifs diffusant sur l’ensemble de l’hémicorps. Les patients ayant subi des traumatismes physiques étaient prédisposés à souffrir aussi de NDSDs. A contrario des patients qui souffrent de douleurs chroniques sans NDSDs (et sans cause pathologique, tumorale ou autre), qui eux présenteront des troubles de la personnalité et/ou ayant eu des expériences traumatisantes durant l’enfance.

La fréquence des dépressions comorbides et troubles d’anxiété ne différaient pas d’un groupe à l’autre. En conclusion, les patients souffrants de douleurs chroniques associées à des NDSDs ne sont pas plus susceptibles que les patients n’ayant pas de NDSDs de souffrir d’une pathologie psychiatrique. En se basant sur les observations scientifiques de cette publication acceptée en 2012, des termes tels que « hystérie psychiatrique » ne doivent pas s’appliquer plus longtemps aux patients avec NDSDs qui souffrent de douleurs chroniques.

Les douleurs NDSDs sont considérées comme fonctionnelles car il n’y a pas d’évidence de blessures ou affections du système somatosensitif, tout comme dans le cas des neuropathies. Le fait que les NDSDs apparaissent habituellement après une blessure physique et sont associées à des déficits neurologiques qui peuvent être évalués objectivement aiguillent ces symptômes vers une base organique. Les études de Rommel et collègues ont décrit NDSDs avec distribution hemisensorielle chez des patients avec chirurgies échouées et un syndrome complexe douloureux (CRPS). De plus, des études expérimentales avec des NDSDs induites localement, ainsi que des résultats d’études de NDSDs avec une imagerie cérébrale fonctionnelle suggèrent également une base biologique ( et non psychiatrique).

Et enfin, dans les NDSDs, de multiples facteurs pathophysiologiques sont suspectés. Le schéma hemisensoriel et les résultats des imageries fonctionnelles du cerveau suggèrent une dysfonction du système nerveux central.

Note de la traduction:

A la lecture

-de ces publications,

-de la fréquence allant jusque’à  50 % chez les patients atteints de douleurs chroniques telles que la neuropathie post traumatique du trijumeau

-de l’ancienneté de la connaissance de ces symptômes, décrits des 1920,

il devient des lors innacceptable d’encore diagnostiquer un patient souffrant de douleurs chroniques post traumatiques et présentants des douleurs et pertes sensitives sur l’ensemble de l’hemicorps comme des patients présentants un état emotional fragile et une origine psychiatrique à ses douleurs.

Dans un prochain article, je partagerai mes lectures, qui amènent a la comprehension du phénomène de ces symptômes douloureux post traumatiques sur l’hémicorps.

Si Hippocrate Savait….qu’on ne lit pas la science…et que par facilité on préfère coller une étiquette psychiatrique à un dossier de patient…