Quand un Neurologue Joue le Psy et fait DES Erreurs de Diagnostic

Depuis que j’ai personnellement du faire face à l’attitude des neurologues face à une condition qu’ils ne maîtrisent pas , j’ai passé pas mal de temps sur les forums de patients dans le doing neurologique et neuro immunologique …et ce que j’y lis est si triste…tant de patients sont maltraités et mal traités…avec parfois des conséquences dévastatrices. J’ai donc décidé de re publier cette lettre écrite à un des nombreux neurologues consultés…

Des erreurs de diagnostics comme le mien, sont fréquents. (Même si, admettons le, j’étais bien tombée sur un champion du monde ). Et il n’y a pas de meilleur exemple que la sclérose en plaque, qui, il y a un siècle encore, la sclérose en plaque était considérée comme une maladie d hysterie.

Charcot a décri le premier la sclérose en plaque, il était un scientifique, instructeur et médecin français qui, selon certains, est le fondateur de la neurologie moderne. Il a vécu dans les années 1800 et Sigmund Freud était parmi les étudiants célèbres qu’il a inspirés. Outre les nombreux troubles neurologiques qu’il a définis et traités, il était également connu pour son traitement de l’hystérie par hypnose, qu’il croyait héréditaire et causée par des faiblesses de son système neurologique.

En bref, pour tous les patients qui souffrent de maladies neuro immunes, armez vous de connaissance et de patience, car il n’est pas certain que vous ne soyez pas un patient de plus en errance médicale durant de nombreuses années.

Voici donc l’histoire, (presque) banale, d’une patiente. Mon histoire de neurologue: j’ai consulté un neurologue présumé grand spécialiste (et là, si vous êtes patients…vous allez vous reconnaître…si vous êtes praticien…vous n’allez pas le croire…et pourtant c’est vrai…et affligeant pour la profession). Heureusement que le premier neurologue consulté a tapé dans le mille directement!

Voici dans un premier temps sa lettre adressée à mon généraliste, vous découvrirez ensuite ma réponse à cet homme qui porte le titre de médecin

Mais où est donc Hippocrate????

 

Voici maintenant ma réponse…nous sommes d’accord, cette lettre était empreinte de colere, cependant tout est vrai

Monsieur,

Pour faire suite à ma visite en votre cabinet en date du 28/06/2014, veuillez trouver ci-dessous les commentaires que vous ne m’avez pas laissé exprimer durant votre interrogatoire.

En effet, je parle bien d’interrogatoire, avec cette nuance près que durant un interrogatoire, en principe, l’interrogeant écoute les réponses de l’interrogé. Ce qui n’a pas été le cas, sinon pour mes réponses par oui ou par non, et j’ajouterais que vous n’autorisiez aucune remarque, aucune nuance. Oui ou non étaient mes seuls choix.

Voici donc le compte rendu de l’ensemble de cet interrogatoire auquel a assisté mon compagnon qui porte lui aussi le titre de Docteur.:

Après m’avoir demandé mon nom, prénom et âge, vous m’avez demandé qui m’envoyait et ce qui m’amenait à vous consulter

Je vous ai dit que je venais sous les conseils du Dr XXX, mais n’ai pas eu le temps de vous préciser que ce n’est pas le Dr XXX(qui vous avait déjà envoyé des patients) qui avait effectué les interventions. Pour ensuite vous  relater brièvement ma neuropathie du nerf trijumeau à gauche, invalidante et tenace depuis 7 mois (j’en suis maintenant à 16 mois) suite à une intervention de chirurgie dentaire pour greffe osseuse et pose d’implants

Suite à cette explication, vous m’avez rapidement demandé plus de détails sur ma vie, mes enfants, l’âge de mes enfants, statut familial, divorcée….haaaa….hooo, je vois….. Je précise ici que vous ne m’avez demandé ma profession que bien plus tard, lorsque j’ai réussi à vous signaler que cette douleur était tellement invalidante que je ne pouvais plus travailler. Je précise également que vous ne m’avez pas demandé non plus l’historique du traitement de ces chirurgies dentaires.  J’ai essayé à plusieurs reprises, mais vous m’avez à chaque fois rétorqué : répondez à ma question, ou à me couper la parole pour me dire « ce n’est pas ce que je vous demande ».

Ensuite a suivi un questionnaire ou je devais répondre par oui ou par non, voici succinctement le type de questions :

-DEPUIS cet acte chirurgical, vous sentez vous fatiguée (j’ai voulu répondre, bien sûr, la douleur me réveille chaque nuit mais vous ne m’y avez pas autorisé), j’ai donc répondu oui sans nuance

-DEPUIS cet acte chirurgical, vous sentez vous diminuée, (j’ai voulu répondre, je suis diminuée puisque la douleur m’empêche de vivre des jours et des nuits normaux, mais vous ne m’y avez pas autorisé), j’ai donc répondu oui sans nuance.

-DEPUIS cet acte chirurgical, vous sentez vous triste (j’ai voulu répondre que j’étais triste d’être dans cet état et de ne plus être moi-même, mais vous ne m’y avez pas autorisé) j’ai donc répondu oui sans nuance et résignée.

-DEPUIS cet acte chirurgical, avez-vous peur de ne pas guérir, résignée j’ai seulement répondu oui (mais bien sûr, j’ai peur de ne pas guérir, à 47 ans, sans pouvoir travailler, ayant une fille à charge car encore aux études, je serais totalement irresponsable de ne pas avoir peur de ne pas guérir !!)

-DEPUIS cet acte chirurgical, avez-vous peur de l’avenir, j’ai répondu oui (idem que ci-dessus)

-DEPUIS cet acte chirurgical, ressentez vous de la colère, j’ai répondu seulement oui ( bien sûr je ressent de la colère, deux actes chirurgicaux ratés qui ont précédé  7 mois d’infections, de douleurs névralgiques et douleurs locales de fistules, une gencive à vif durant 7 mois….un déni du chirurgien qui a effectué les actes…puis 2 chirurgies d’explorations par un autre chirurgien dentiste qui ont révélé un état déplorable des sites d’intervention, et enfin, un mois avant ma visite chez vous, dernière chirurgie de dépose d’implants, de curetage…lors de ma visite chez vous, on venait de m’enlever les fils de suture de la 5ième intervention….

Ont suivi d’autres questions de ce type…

A aucun moment vous ne m’avez demandé comment je me sentais avant ces interventions.

A chacune de vos questions, s’il s’était agit de « avant » cette intervention, je vous aurais répondu non en lieu et place de mes oui précédents.

Chaque personne qui me connaissait avant l’intervention me qualifie de personne forte, positive, toujours rebondissante, active, joyeuse et profitant de la vie.

Vous nous avez ensuite expliqué que la douleur chronique n’existe pas car le cervelet, au bout d’un moment, filtre l’information de la douleur. Vous nous avez ensuite justifié vos connaissances « scientifiques » en appuyant votre diagnostic sur vos recherches faites sur des souris dont vous auriez altéré le nerf sciatique. Vous avez donné votre diagnostic de problème émotionnel et de dysthymique*, faisant la comparaison avec les animaux qui eux n’ont pas de sentiments, et que vous aviez constaté lors de vos recherches aux Etats Unis, que chez les animaux la douleur chronique n’existe pas. Donc la douleur chronique n’existe pas chez l’homme non plus, c’est donc le sentiment (ou la dépression selon…) qui permet à ces douleurs de perdurer. Il s’agit ici d’un raccourci non scientifique. D’une part, il a été prouvé et des papiers sont à présent régulièrement publiés démontrant les sentiments des animaux ainsi d’ailleurs qu’une capacité à la réflexion et à l’anticipation…d’autre part, il est également prouvé que les animaux, dont l’homme fait partie, n’ont pas tous la même résistance à la douleur les primates disposent d’un cortex évolué…ce cortex ; lors de lésion du nerf trijumeau, change de topographie, de chimie,et provoque la production de nocicepteurs qui sont ensuite déchargés dans la moelle épinière…le pronostic est donc lourd et votre diagnostic une erreur médicale grossière et non basée sur les données acquises de la science.

 

*Je reviens ici sur la définition de dysthymique : La dysthymie est un trouble de l’humeur chronique impliquant un spectre dépressif. Elle est considérée en tant que dépression chronique, mais moins sévère qu’une dépression clinique. Ce trouble est une maladie chronique et persistante. Vraiment….. ? mais avant ces interventions invalidantes, je ne présentais aucune dépression…bien au contraire.

Tous les écrits scientifiques font état de l’altération de l’état général et de la qualité de vie altérée des patients souffrants de douleurs chroniques, et non l’inverse. Comme le déclare d ailleurs l’OMS

Voici par exemple une citation concernant les neuropathies du trijumeau:

« This disorder is regarded by many medical professionals to comprise the most severe form of chronic pain known in medical practice. In some patients, pain may be unresponsive even to opioid drugs at any dose level that leaves the patient conscious. The disorder has thus acquired the unfortunate and possibly inflammatory nickname, « the suicide disease »

Dans toutes ces publications, je note bien que c’est la douleur intense qui provoque ce spectre dépressif et pas l’inverse.

Si vous aviez mené une anamnèse, vous sauriez que le site à été le siège d’infections importantes, un séquestre osseux de grande taille ayant été laissé in situ ainsi qu’une fracture (cause de nécrose osseuse). Cette zone a également été le site d’une inflammation constante durant plus de 6 mois, nous ne parlons donc pas ici de dysthymie, mais de causes ininterrompus entretenant la douleur (également appelé « soupe inflammatoire »).

A ce sujet, il est à noter que de nombreux corps médicaux font état du fait que des substances algogènes, ou substances chimiques nociceptives sont à l’origine de la transmission de la douleur. Ces substances algogènes sont des substances libérées par des tissus lésés et inflammatoires, engendrant la production d’un grand nombre de médiateurs contribuant à la sensibilisation des fibres afférentes périphériques.

S’en suit alors une hyperalgésie primaire des tissus lésés, puis une hyperalgésie secondaire des tissus péri-lésionnels sains. Il y a alors un effet cyclique d’inflammation neurogène. Les tissus périphériques produisent eux même des neuropeptides algogènes. Ces neuropeptides circulent par voie antidromique le long des fibres nociceptives irritées.  .

Dans votre rapport, vous avez indiqué que puisque les scanners ne révèlent aucun problème mécanique SIGNIFICATIF, vous INNOCENTEZ les actes chirurgicaux. Vous n’avez pas vous même regardé le scanner, vous vous seriez aller y que le radiologue, ami du chirurgien dentiste, avait fait un faux rapport d’imagerie, que le scanner montrait bien: fracture, collapses du canal du nerf alvéolaire sur plus de 20 mm, des séquestrés osseux. Vous avez non seulement « innocenté » l’acte chirurgical, mais également laisse passe un faux en écriture d’un de vos confrère. De plus Vous devriez savoir que même si le scanner n’eu rien révélé , c’est tout à fait normal car les PPTTN (painful posttraumatic trigeminal neuropathy, ou neuropathie du trijumeau iatrogène)  ne sont pas diagnostiquées grâce à l’imagerie médicale mais bien par l’anamnèse, dont la question permettant un diagnostic différentiel est : y a-t-il eu un traumatisme, accident, intervention chirurgicale ? L’imagerie IRM (et jamais le scanner) ne révélera que les cas de scléroses si elles sont multiples, de tumeur ou d’anévrisme (très rarement comme dans mon cas, une fracture grossière sera visible) Ou si vous saviez que le scanner ne peut rien révéler, vous avez leurré une patiente en estimant que sous le type de médication que vous alliez prescrire, elle ne présenterait plus de colère légitime (que vous avez qualifié dans votre rapport de « grosse décompensation émotionnelle ») à l’égard d’une personne que vous croyiez un de vos prescripteurs.

Dans les deux hypothèses, il s’agit d’une faute grave.

De plus, 3 chirurgiens dentistes ont constaté lors des interventions d’exploration, que le site présentait bien ces fractures et séquestres. Photos des deux sites en cours d’intervention à l’appui (ces photos que je tenais à votre disposition mais que vous ne m’avez pas laissé vous présenter, vous auraient probablement apporté des signes objectivables supplémentaires).

De nombreuses publications scientifiques font référence à la PPTTN (représentant une des sous catégories de l’ATN, atypical trigeminal neuropathy), citées entre autre par

  1. KaufmannM. Patel
    Centre for Cranial Nerve Disorders
    Winnipeg, Manitoba, Canada

Trigeminal Neuropathy or Post-Traumatic Trigeminal Neuralgia :

« Injury to the trigeminal nerve may cause this severe pain condition. Trigeminal Neuropathy or Post-Traumatic TN may develop following cranio-facial trauma (such as from a car accident) or dental trauma”,

The pain of trigeminal neuropathy or post-traumatic TN is usually constant, aching or burning, but may be worsened by exposure to triggers such as wind and cold.

Unfortunately, treatment of post-traumatic TN is often ineffective and pain may not be controlled with medications.

Ou encore:

ATN is usually attributed to inflammation or demyelination, with increased sensitivity of the trigeminal nerve. These effects are believed to be caused by dental procedures, infection, demyelinating diseases, or compression of the trigeminal nerve.

Et pour finir, Professeur Tara Renton (lire la traduction de son article ici) , qui a été publiée de nombreuses fois, principalement concernant le management des neuropathies iatrogènes du trijumeau. Elle souligne et alerte ses pairs : il faut agir vite pour rectifier les erreurs commises.

En agissant de la sorte, Monsieur, en enfermant chimiquement une patiente qui aurait pu être aidée vous l’avez condamnée à des douleurs chroniques du trijumeau et les conséquences liées à l’évolution des microglies et du système neuro immunologique.

 

Votre interrogatoire unilatéral en entonnoir était le seul moyen de nous amener à ce diagnostic de dépression chronique …

Votre procédure d’anamnèse et votre diagnostic ne sont pas portés par des valeurs scientifiques.

Petit rappel de la définition d’une anamnèse :

L’anamnèse correspond en médecine à l’histoire de la maladie. Elle consiste en un interrogatoire mené par le professionnel de santé pour retracer à la fois les antécédents médicaux de son patient et l’historique de la pathologie actuelle. Première étape du diagnostic, l’anamnèse repose sur des questions précises allant des motifs de la consultation aux habitudes de vie et une écoute attentive du médecin.

Je n’ai pas disposé de cette expertise d’anamnèse d’un professionnel de la santé lorsque je suis venue vous consulter

Petit rappel de ce qu’est un diagnostic :

Le diagnostic est le raisonnement menant à l’identification de la cause (l’origine) d’une défaillance, d’un problème ou d’une maladie, à partir des caractères ou symptomes relevés par des observations, des contrôles et une anamnèse ; il s’agit donc d’acquérir la connaissance à travers les signes observables.

Je n’ai pas disposé de cette expertise de diagnostic, ou de tentative de diagnostic d’un professionnel de la santé lorsque je suis venue vous consulter.

Monsieur, je suis venue consulter un neurologue, pas un psychologue. Je découvre sur le net que vous êtes  les deux. Monsieur vous en usez et en abusez.

Votre plaque professionnelle à l’entrée de votre immeuble ne fait mention que de votre nom et prénom, pas de votre spécialité. Je croyais venir consulter un neurologue et vous avez agi comme un psychiatre. J’estime avoir été lésée par votre pratique non claire, vous cachez votre analyse « psychiatrique » sous votre titre de neurologue. Il est également à souligner que votre document de prescription 9officiellement retenu) fait état de votre expertise en neurologie et pas en psychiatrie.

Et enfin, dernier détail, mais de taille, vous faites état dans votre lettre adressée à votre confrère le Docteur YYYYY, mon généraliste, d’une topographie VIII-3 gauche. Il s’agit là d’une erreur grave de topographie et de connaissance anatomique. Car je n’ai jamais parlé ni de trouble de l’équilibre ni de trouble auditif. Nous n’avons jamais parlé du nerf vestibulocochléaire ou VIII comme vous l’indiquez, mais bien du nerf trijumeau ou V. Je comprends mieux maintenant pourquoi vous m’avez fait passer des tests d’équilibre… (lettre transmise en pièce jointe). Une erreur de plus..

Et je finirai par cette citation du Dr Hahnemann : «  Lorsqu’il s’agit d’un art sauveur de vie, négliger d’apprendre est un crime ! »

C’est la raison qui m’a poussé à vous rappeler quelques définitions médicales ou topographie neurologique manifestement non apprises.

Je suis venue vous consulter dans l’espoir du traitement d’un neurologue me permettant de passer cette étape douloureuse qu’est cette neuropathie post traumatique du trijumeau, avec l’espoir que je fasse partie du pourcentage dont la guérison est dans les quelques mois. Je ne suis pas venue consulter une personne pour un diagnostique psychiatrique, ni pour accabler le chirurgien dentiste responsable de ma situation, car en effet, ce dernier point est clairement acquis et souligné par ses pairs.

….

……

Accablant n’est il pas? Incroyable…et pourtant….une réalité qui fut la mienne en consultant un neuro psychiatre…qui se répète chez tellement de patients…dans le doute, gardons notre superbe, et envoyons en psychiatrie avec une camisole chimique

neurone névralgie du trijumeauMais où est Hippocrate???

 

2 réflexions sur “Quand un Neurologue Joue le Psy et fait DES Erreurs de Diagnostic

  1. France, moi qui ai été votre patiente et qui appréciais tellement vos soins, laissez-moi vous dire combien vous me manquez. Ce que je lis ici de ce neurologue est tout simplement révoltant. L’arrogance tient parfois lieu de culture aux fats. Je comprends et je partage votre colère.

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