Neuroinflammation de la Moelle Epinière chez les patients souffrant de Douleurs Chroniques

En deux mots pour les patients:

Lorsque l’on souffre de douleur chronique, il est désormais démontré par imagerie médicale que la douleur ne reste pas seulement localisée là ou la décrit le patient, mais que de l’inflammation est détectée objectivement au niveau du nerf véhiculant la douleur de la moelle épinière, ceci au niveau de la sortie de la moelle épinière (entre les vertèbres), mais aussi au niveau de la moelle épinière elle même et également au niveau du cerveau.

Il ne s’agit donc pas seulement d’un signal du nerf, mais aussi d’un processus d’inflammation de ce système nerveux, avec comme conséquence une réaction du système immunitaire causant d’avantage d’inflammation. On parle des lors de neuro-immunologie.

En bref, un traitement médicamenteux ne ciblant que la « coupure » de l’influx nerveux devient donc obsolète. Il faut donc, en se basant sur les preuves objectives de cette nouvelle science qu’est la neuro-immunologie, orienter un traitement vers la modulation des substances inflammatoires/immunitaires.

Si Hippocrate Savait….

Traduction de la publication: Pain Journal février 2018

Neuroinflammation of the spinal cord and the nerve roots in chronic radicular pain patients

Authors: D Albrecht, S Ahmed, N Kettner, R Borra, J Cohen Adad, HDeng, T Houle, A Opalacz, S Roth, M Vidal Melo, L Chen, J Mao, J Hooker, M L Loggia, Y Zhang

 

Affiliations: Harvard Medical School, MA. Logan University,MO. Turku University Finland. University of Groningen Netherlands. Polytechnique, Montreal. Université de Montréal.

Résumé

De nombreuses études précliniques supportent le rôle de l’activation neurimmunologique spinale dans la pathogénèse de la douleur chronique, et ciblent efficacement les cellules gliales (par exemples les cellules microgliales/ astrocytes)- ou

macrophages- induits par des réponses neuro-inflammatoires. Ces études arrêtent ou même inversent l”establishment” de la persistence anti nociceptive (nocifensif) du comportement animal étudié en laboratoire. Cependant, jusqu’à present la translation de ces découvertes en traitements innovants à usage Clinique a été géné par le manque de données supportant le role de la neuro-inflammation dans la douleur humaine. Ici, nous démontrons que les patients souffrants d’un trouble de douleur chronique courant (radiculopathie lombaire), compares à des volontaires sains, révèlent des niveaux élevés de marqueurs de neuroinflammation: protéine de translocation 18kDa (TSPO), trouvés à la fois dans le neuroforamen (contenant le ganglion de la racine postérieure et la racine postérieure) et dans la moelle épinière. Ces élévations de TSPO démontrent un schema spatial spécifique correspondant au tableau Clinique des patients, tels qu’ils ont été observés dans le neuroforamen ipsilateral de la jambe symptomatique (comparé à la fois au neuroforamen contralateral du même patient et aux patients sains de contrôle), et dans la majorité des segments caudaux de la moelle, qui sont connus pour intégrer les informations sensorielles issues des racines des nerfs lombosacrés affectés chez ces patients (à contrario des segments supérieurs).

De plus, le signal neuroformaminal TSPO était associé avec des réponses par injections épidurales guidées par fluoroscopie de steroide, soutenant son rôle de marqueur d’imagerie de la neuroinflammation, et soulignant l’importance Clinique de ces observations.

Ces résultats impliquent une activation immunologique à de multiples niveaux du système nerveux comme potentiellement important et un mécanisme cliniquement pertinent dans les douleurs radiculaires, suggerant que les therapies ciblant l’activation des cellules immunes peuvent être bénéfiques pour les patients souffrants de douleurs chroniques.

 

A retenir dans l’Introduction

De substantielles preuves précliniques ont augmenté reconnaissant les réponses neuroimmunes à de multiples niveaux du systemme nerveux comme un important participant de la pathogénèse de la douleur persistante, incluant l’activation des macrophages dans le ganglion de la racine postérieure, l’activation des microglies et/ou des astrocytes dans la moelle épinière et du cerveau. Parce que les macrophages actives et les cellules gliales produisent des médiateurs inflammatoires qui activent ou sensitize (sensibilisent) les neurones nocicepteurs. De ce fait, la modulation des réponses neuroimmunes peut représenter une stratégie thérapeutique pour les troubles de la douleur.

 

La méthode et l’équipement en deux mots

#

-Cohorte de 110 patients en douleur chronique depuis plus de 3 mois et 10 personnes saines de contrôle entre 18 et 75 ans.

-Visite de contrôle reprenant l’historique de la maladie et un examen medical.

#

Imagerie PET/MR 3D, qui est communément utilisée comme marqueur d’inflammation du système nerveux central. De plus, le TSPO est régulé par les macrophages actives, le PET peut donc aussi être utilise comme marqueur de l’inflammation périphérique si utilisé avec un protocole spécifique modifié de la litérature avec le mrqueur [C]PBR28 [ref : Brain and whole body imaging in nonhuman primates of [11C]PBR28, a promising PET radigland for peripheral benzodiazepine receptors. Neuroimage 2008;39 (3)]

#

Imagerie IRM permettant de collecter les informations ciblées sur les neuroforamen bilateraux

#

Injection steroide epidural

Injection lombaire épidurale de stéroide standard conformément au traitement mécical proposé pour radiculopathie lombaire, injection guide par fluoroscopie.

Discussion; synthèse

Nous présentons ici les résultats supportant l’existence de neuroinflammation de la moelle épinière chez les patients ayant une douleur radiculaire chronique.

Ces résultats, qui étendent et complètent nos premières observations concernant le niveau de TSPO élevé dans le cerveau des patients souffrantde douleurs chroniques lombaires, supportent le role de l’immunoactivation de la racine des nerfs et également de l’activation des cellules gliales dans le systemme nerveux central, ceci représente un composent clé de la pathophysiologie de la douleur chronique radiculaire (des nerfs).

Ceci est en phase avec un grand nombre de données précliniques démontrant l’activation neuro-immune comme résultat de blessure/lesion de nerfs périphériques, à la fois dans le système nerveux périphérique, les raciness nerveuses et le système nerveux central, incluant la moelle épinière et le cerveau.

 

Des recherches anterieures ont établi l’élévation des médiateurs inflammatoires (par exemple les interleukines pro-inflammatoires, les prostaglandines, TNF-alfa, etc) apparaissant dans les tissus de la moelle et du système nerveux central chez des patients présentant des discopathies, incluant des hernies et des dégénérescences. Cette prevue suggère indirectement l’implication de la modulation NEURO-IMMUNE chez ces patients.

Cette étude est encore plus informative car elle fournit une connaissance plus directe du rôle de la neuro-inflammation dans les radiculopathies lombaires, car elle présente pour la première fois une preuve in-vivo supportant les niveaux élevés des marqueurs de l’activation immune.

Dans nos données, le ratio du signal [C]PBR28 entre la cible et la référence: le neuroforamen; était associé à la réponse à l’injection épidurale de stéroide. (l’efficacité du traitement).

Ces résultats suggèrent que la variabilité de l’ampleur de l’inflammation au niveau neuroforaminal peut expliquer les grandes differences de réponses du traitement.

 Note de la traduction: on peut ici s’interroger sur les raisons qui peuvent causer ces variabilités: le type de lesion neurologique, le nombre et le type de fibres neurologiques atteintes, la topographie corticale (étendue occupée par le nerf lésé) ainsi que d’autres facteurs comme la rapidité de prise en charge de la douleur (en effet le facteur temps joue un role important sur l’ampleur de la cascade nociceptive, les remontées au niveau de la moelle épinière et du cerveau.). On comprend dès lors qu’un nerf trijumeau n’a pas la même espérance de resolvabilité qu’un nerf sciatique.

 

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflicts d’intéret.

 

51 publications sont citées en référence.

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s