Texte Poétique d’une patiente atteinte de Neuropathie post dentaire du trijumeau

 

La douleur est un étranger qui s’impose à vous et à votre vie, sans y avoir été invité.

Il entre dans votre foyer sans s’être annoncé, ne prévient pas de son départ.
Il n’apprend pas à nous connaître, n’a que faire de qui vous êtes…
Nous tentons de la cerner, de la jauger, de l’évaluer, en vain…on ne s’y habitue jamais.
Il donne la température de la journée, influe sur ce qui est de plus précieux.
C’est à se demander si, parfois, elle ne puise pas sa force en nous.
Peu importe qu’on en ait suffisamment ou pas d’ailleurs.


Même quand on pense en avoir avoir fait le tour, elle arrive toujours à nous surprendre…vicieuse, elle ?


Elle a de la chance elle, elle peut justifier d’un CDI, se nourrit aux frais de la princesse, est exonérée de taxes foncières et d’habitation, bien qu’elle dispose d’un logis d’exception.
Je la soupçonne de disposer de sentiments, tels que l’attachement et la fidélité. Attention, cela ne la rend pas humaine pour autant, elle demeure sans pitié et très tenace.
Elle doit être curieuse car elle cherche (trop) souvent ses propres limites.
Elle nous transforme, lentement, vicieusement…la patience, la gentillesse sont des qualités qui, si elle nous correspondaient jadis, deviennent des échos lointains lors de multiples occasions…


Elle change la femme que je suis, la mère que je veux être, bref, la personne que je pensais être…

 

la neuropathie du trijumeau, cette intense douleur invisible qui  transforme nos vie et nous transforme

L’injustice n’est pas seulement un terme utilisé pour caractériser le monde dans lequel on vit, il donne tout son sens à ma vie à moi.
Je pense souvent à elle avec de la colère, de l’impuissance totale. Une mise à disposition qui ne prend pas fin et qui épuise.
Je l’ai souvent comparé à une bataille, une lutte, mais comme tant d’autres je ne la laisse pas devenir une guerre. eh oui ! que de batailles perdues déjà…
A croire qu’elle n’aime pas mes amis, mes sorties…elle m’en prive bien trop souvent.
En parler autour de soi n’est pas chose facile, surtout quand elle ne se voit pas. Seuls mes traits tirés, voire mes larmes font savoir qu’elle est bel et bien toujours là. Elle est compliquée voyez vous, même pour en parler.
Il faut bien avouer qu’il arrive qu’on voudrait que ça s’arrête…pour un moment, pour toujours…mais QUE la douleur.
Elle n’aime pas mon travail selon moi, sinon pourquoi cibler mes principaux outils ? Peu lui importe qu’il s’agit là pour moi d’un épanouissement, d’un réconfort pour ceux que je côtoie. Que nenni !
Je la trouve très paradoxale : elle me fragilise et me rend plus forte !
à quoi bon en parler ? Mais parce que je lui parle bien à elle ! je parle d’elle parfois, et (trop) souvent elle parle à travers moi…

Elle représente une lutte de tous les jours, un combat à mener,

mais l’espoir m’anime ainsi que des pensées/attitudes positives ! Mon mari, mes enfants et amis sont parfois mes boucliers, voire une arme qui m’aide à la combattre ou du moins la supporter.
CARPE DIEM

 

Ce texte de Myriam est un vrai poème, une voie pour exprimer sa souffrance et cette injustice pleine de paix et pourtant d’injustice.

Merci Myriam de ce partage!

La douleur est un étranger qui s'impose à vous et à votre vie, sans y avoir été invité.

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