Les Neuropathies Douloureuses Traumatiques du Trijumeau: Etude Ouverte Sur la Reponse au Plan de Traitement Pharmacotherapeutique

Les Neuropathies Douloureuses Traumatiques du Trijumeau : Etude Ouverte sur la Réponse au Plan de traitement Pharmacotherapeutique Traduction résumée

Painful Traumatic Trigeminal Neuropathy: An Open Study on The Pharmacotherapeutic Response To Stepped Treatment.

pour lire l’article en Anglais, cliquez ici

by: Yaron Haviv, Yehuda Zadik, Yair Sharav, Rafael Benoliel*

http://www.researchgate.net/publication/259990008_Painful_Traumatic_Trigeminal_Neuropathy_An_Open_Study_on_the_Pharmacotherapeutic_Response_to_Stepped_Treatment

 

Les douleurs neuropathiques chroniques peuvent résulter d’une maladie ou d’une lésion affectant les fonctions du système nerveux périphérique et/ou du système nerveux central. Donc, une blessure du système somatosensoriel du nerf trijumeau a n’importe quel niveau ; le nerf périphérique, le ganglion ou le noyau du trijumeau dans la corne postérieure de la moelle épinière, peut induire une douleur neuropathique chronique.

Plusieurs termes ont été utilisés dans la littérature pour définir ces neuropathies traumatiques du nerf trijumeau. Le terme choisi ici par les auteurs est : Les neuropathies douloureuses du trijumeau, ou Painful Traumatic trigeminal neuropathy ( PTTN)

Note du blog : cette terminologie reprend a la fois les neuropathies iatrogènes (causées par un acte médical ou chirurgical) et les neuropathies consécutives a des accidents (accident de la route, chutes ou violence) 

Cette étude va comparer les réponses aux traitements des névralgies du trijumeau classiques (CTN) (consécutives à des compressions vasculaires ou tumorales, à des maladies neurologiques dégénératives.) aux réponses aux traitements des PTTN.

Les CTN et PTTN partagent certaines particularités pathophysiologiques.

Les CTN sont extrêmement sévères et sont caractérisées par des attaques douloureuses intenses avec un mécanisme gâchette, suivi par une période de remissions. Cliniquement, les PTTN et les CTN sont des douleurs neuropathiques differentes. Cependant puisqu’elles partagent les memes particularites pathophysiologiques, elles representent des référents acceptables.

 

Le but de cette étude était d’évaluer le succès pharmacotherapeutique des patients atteints de PTTN (il est dit plus haut qu’au contraire, de nombreuses informations sont maintenant collectées concernant les traitements de CTN), car il y a pénurie d’informations collectées dans ce type de neuropathie. Cette étude permet d’identifier les caractéristiques des patients et leurs types de douleurs qui vont pouvoir prédire l’aboutissement d’un traitement.

 

Recrutement des cohortes :

Les cohortes de patients ont été réunis dans la Clinique de Douleur Orofaciale de la Faculté de dentisterie de l’Université « Hebrew University- Hadassah » de Jerusalem.

Un total de 145 patients ont été réunis : 91 avec PTTN et 54 avec CTN.

 

Note du blog : il est intéressant de noter que la Faculté dentaire de Jérusalem a crée une clinique de la douleur orofacial, tout comme l’a fait Londres, Tokyo, Milan ou plusieurs Universités aux USA. En France, ces PTTN sont encore inconnues ou niées. Demographie de Jerusalem : 8 millions de personnes…. A quand la clinique de la douleur orofaciale a la Garancière ou Diderot ???

 

Description des critères de recrutements, des tests d’évaluation de la douleur :

Electrique, poignard, pulsante, pression, brulure ou une composante parmi ces 5.

3 groupes ont été crées en fonction de la fréquence et durée de la douleur :

-1- Quotidien : pour des attaques douloureuses plus fréquentes que 15 jours par mois durant moins de 4 heures

-2- Episodique : Si la douleur est inferieur a 15 jours par mois et durant moins de 4 heures par jour.

-3- Continue : pour les patients souffrant quotidiennement constamment (attaques douloureuses de plus de 4 heures par jours ou constantes)

Les patients souffrant de douleurs paroxystiques quotidiennes avec un fond douloureux constant étaient classés dans la catégorie 3, sous l’appellation : contexte douloureux concomitant.

Il était également demande aux patients si la douleur les réveillait la nuit.

La publication fait état de tous les tests et examens cliniques et complémentaires tels que IRM, palpation des muscles de la nuque, estimation de la douleur de ces muscles.

Protocole de traitement :

Le tableau si dessous fait etat du protocole de traitement proposee pour les 2 cohortes: CTN et PTTN

protocoles de traitement standards douleurs neuropathies traumatiques du nerf trijumeau

Resultat des traitements:

Un minimum de 3 mois de traitement actif etait requis pour l’evaluation.

Une evaluation des resultats des traitements basees sur une diminution de la severite de la douleur ( en pourcentage).

Trop de patients souffraient de douleurs continues pour autoriser la frequence de la douleur comme critere-outil acceptable.

Deux groupes ont été  définis:

Le groupe des “non-réponses”: la douleur n’etait pas améliorée ou pour moins de 50%.

Le groupe des “réponses significatives”: patients dont la douleur était diminuee de 50% ou plus.

Résultats:

Patients PTTN: Sur 91 patients, 10 patients ont présenté une réponse significative au traitement: 11% ont vu leur condition améliorée par le protocole de traitement.

Patients CTN : 74% ont vu leur condition améliorée par le traitement.

Le tableau ci dessous illustre la difference entre les patients souffrant de douleurs neuropathiques trijeminales traumatiques en comparaison des patients atteints de névralgies du trijumeau.

réponse traitement neuropathie traumatise nerf trijumeau

Le tableau suivant montre les pourcentages de réponse ou non réponse des patients PTTN en fonctions de différents critères tels que fréquence, durée, douleurs réveillant la nuit, durée de la maladie…..Ces critères sont ici baptisés VPS : Verbal Pain Score.

efficacité traitement neuropathie traumatique du trijumeau

Il est intéressant de noter que

-les patients présentant une neuropathie unilatérale ne répondent pas au traitement dans 92% des cas

-les patients présentant une douleur constante ne répondent pas au traitement dans 50% des cas

-les patients souffrants de douleurs paroxystiques ( avec des accès douloureux d’une intensité plus importante) ne répondent pas au traitement dans 47% des cas

-les patients dont la douleur les réveille ne répondent pas au traitement dans 37.9% des cas.

 

Discussion :

Le résultat prédominant de cette étude est la nature récalcitrante des douleurs neuropatiques trijeminales traumatiques (PTTN) aux standards pharmaco thérapeutiques. Seulement 11% ont eu une diminution signifiante de leur douleur.

Ces résultats (% de réussite du traitement) sont inferieurs aux autres études réalisées sur d’autres douleurs neuropathiques, telles que les douleurs neuropathiques post herpétiques, les neuropathies diabétiques ainsi que les douleurs neuropathiques traumatiques de la moelle épinière. Pour ces dernières neuropathies, les résultats sont de 20 a 40% de réussite de traitement.

 

Les résultats des PTTN sont un saisissant contraste avec les réponses observées des CTN : 74% obtiennent une amélioration signifiante de leurs douleurs, seulement 26% observent une amélioration non significative.

 

Entité clinique :

Les PTTN ont été notées en constante augmentation par les auteurs, possiblement du a la multiplicité des procédures chirurgicales, en particulier le placement d’implants dentaires. Considérant le nombre extraordinaire de procédures invasives dentaires causant des lésions du nerf, il est heureux que plus de patients ne développent pas de douleurs neuropathiques chroniques. Les statistiques en la matière montre que 3 a 5% des patients ayant subi une lésion du nerf vont développer une douleur chronique.

Ce pourcentage va varier en fonction de l’importance et du degré de la lésion.

 

Note du blog : Il a été établi dans d’autres publications (Pr Tara Renton) que la rapidité d’intervention joue un rôle crucial dans la possible résolution de cette neuropathie. En bref, un praticien au fait de ces informations, pourra agir rapidement et réduire les risques d’installer son patient dans une neuropathie très invalidante car ne se soignant que dans 11% des cas.

Les patients présentant des PTTN ont donc deux avenirs possibles :

  • ou ils ne répondent pas au traitement actuels et vivent reclus, fortement handicapées par la douleur.
  • ou, pour les 11% répondant au traitement, les effets secondaires des médicaments sont conséquents, des études récentes montrent que les anti épileptiques et anti dépresseurs suppriment les connections synaptiques, empêchant l’organisation plastique cérébrale et diminuant ainsi rapidement les capacités cognitives des patients. Ceci sans compter la fatigue, les vertiges, les crises d’angoisses occasionnés par ces médications. (Ceci est confirmé par la suite de la publication).

 

Résultats et prédictions de succès :

 

En examinant les caractéristiques démographiques des patients PTTN dans la présente étude, celle ci ne révèle pas de prédiction du succès du traitement. Cependant, l’expression verbale de l intensité de la douleur (VPS, critères d’évaluation utilise dans cette étude), les VPS hautes sont associées a une réduction significative de chances de réponse au traitement.

 

La pharmacothérapie des douleurs neuropathiques conduisent à une amélioration de la qualité de vie, un meilleur sommeil, qualité et amélioration du moral dans 11% des cas pour la PTTN, 74.1% pour le CTN, 20 a 40% pour les neuropathies autres que du trijumeau). Cette diminution est accompagnée par des effets secondaires significatifs, particulièrement aux doses recommandées dans les douleurs neuropathiques.

 

Protocole de traitement :

Le standard de la pharmacothérapie est largement basé sur les protocoles publiés. Ces protocoles dépendent principalement des anti épileptiques et des anti dépressifs. Les anti dépressifs tri cycliques restent le traitement de premier choix employé par les auteurs des publications, pour les patients PTTN.

Cependant, les anti dépressifs tricycliques présentent un nombre d’effets secondaires ennuyeux, incluant la fatigue excessive, la prise de poids, la sècheresse de la bouche. Aux doses supérieures à 50 mg, des problèmes cardio vasculaires peuvent être particulièrement proéminents.

C’est pour ces raisons que de nombreux patients refusent ces traitements.

 

Il est clair que la stratégie actuelle de traitement n’induit pas une réponse suffisante pour le traitement des PTTN.

 

Une critique que nous pourrions apporter au protocole actuel, à la suite de cette étude, est le fait que les praticiens sont récalcitrants à prescrire des opioïdes plus rapidement.

 

Conclusion :

Les résultats émergeants de cette étude devrait nous amener à d’avantage de recherches et à réexaminer le protocole de traitement PTTN actuel. La médiocrité des résultats nous amène à réfléchir au nombre limité de médications disponibles, leur limite d’efficacité pour les douleurs neuropathiques et le profile de leurs effets secondaires.

Il existe un réel besoin de traitements plus efficaces et plus sûr pour soigner les douleurs neuropathiques.

Les résultats de cette étude montre que les patients montrant des valeurs VPS  (douleur verbalisée) plus augmentées ont peu de chance de voir leur condition s’améliorer.

Ceci pourrait être une indication de changer la philosophie pour une philosophie plus globale. Ceci devrait néanmoins être prouvé par une étude avec une approche différente.

L’aspect pharmacotherapeutique unique ne semble pas suffisant. De futures recherches devraient combiner les succès des médicaments avec une approche biopsychosociale.

L’évaluation biopsychosociale devrait faire partie de la base et du suivi d’évaluation dans les douleurs chroniques. De plus les thérapies de support pourraient être une valeur ajoutée pour les patients vivant un parcours thérapeutique long accompagné de nombreuses médications.

 

Note du blog :

*Je voudrais remercier le Dr Rafael Benoliel que j’ai personnellement contacté avant de diffuser la traduction résumée de sa publication. Lors de sa réponse positive, il a présenté une grande compassion pour les patients..

Il est appreciable de noter que face á un échec de traitement, la solution alternative est d’évoquer la possibilité de réunir plusieurs spécialités médicales, comme ici la prise en charge de problèmes biopsychosociaux.

Ne serait il pas bénéfique aux patients de relier les études faites dans les écoles dentaires avec les études faites par les neurologues spécialisés en neuro immunologie, les conséquences étant les mêmes?

Je rappelle les publications faites sur le lien entre lésions de nerfs et les cellules gliales, les mastocytes, les cascades de nocicepteurs, l‘inflammation importante.

 

 

 

11 réflexions sur “Les Neuropathies Douloureuses Traumatiques du Trijumeau: Etude Ouverte Sur la Reponse au Plan de Traitement Pharmacotherapeutique

  1. Je comprends mieux ce que tu vis… j’ai lu déjà plusieurs articles Universitaires et autres sur ce sujet. Si je trouve quelque chose de nouveau et d’intéressant, je te le ferais savoir.

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  2. J’ai un ami qui m’a dit un jour… il n’est pas nécessaire d’accepter la maladie car cela ne s’accepte pas. Par contre… apprends à abdiquer face à elle. Depuis, c’est ce que je fais et mon moral se porte mieux. Je ferais des articles sur le côté psychologique de la maladie et peut importe celle-ci.

    D’ici là… prends bien soin de toi et j’espère que la recherche trouvera un remède pour te soulager et te guérir.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ces mots encourageants! En effets on ne l accepte jamais cette maladie….par contre ce qui m aide beaucoup, c est de comprendre, c est pour cela que je recherche autant…. Car lorsque l on ne répond pas au traitement et que les médecins nous disent que c est une question de volonté….cela est énormément culpabilisant…cela je l ai compris à travers tous les témoignages de personnes sur les forums de névralgies ou neuropathies… Dans le cas des neuropathies iatrogènes vient se rajouter une autre composante….la position de victime. Si j avais été une victime de la route, le chauffard qui m aurait percuté serait jugė…ici….dans le cas de la médecine….ce sont les patients qui sont jugés…. Une manière de me rendre ces douleurs plus tolérables….leur donner un sens, serait que ce dentiste qui m a amochée…doivent retourner a l école, repasser des examens….car vu l arrogance avec laquelle il traite ma condition, il n a pas appris de ses erreurs…et je sais déjà qu il continue….à amocher d autres patients….il faut qu on arrête les chauffards…de la route….et en médecine et dentisterie aussi…. Je lirai tes articles à venir avec beaucoup d intérêts, prends bien soin de toi….et bonne écriture.

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    1. Non je n’ai pas reçu… Il est vrai que j ai fait 2 années de collège en Australie pour me perfectionner et tenter de soulager cette neuropathie…mais chaque conseil est une mine d’or…a tenter sans modération. Par quel biais l as tu envoyer?

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    1. Un grand grand merci Laurence. C’est en effet une huile de choix pour les douleurs neuropathiques en général…mais sur la neuropathie du trijumeau, absolument aucune aide…heeeeeeelas. Je suis sur de nombreux groupes du trijumeau en France et aux US, pour les névralgies par compression vasculaire, en mélange avec helychrise et lentistique….des personnes ont reporté des soulagements…en début de maladie. Les neuropathies iatrogènes, probablement car les fibres ont bourgeonné et des connections anarchiques se sont formées entre les fibres C…qui ne possèdent pas d endonerve…on est assez mal lotis…je n’ai pas vu un cas d amélioration dans les neuropathies iatrogènes. Et pourtant j en rêve 😀😀😀😴😴😴
      Mais je confirme que cette huile essentielle est une merveille…et j ai une chance inouïe de ne jamais avoir de refroidissement grâces aux huiles essentielles…qui sont des antibiotiques sélectifs naturels…ceci m évite d’ajouter de l inflammation a une muqueuse…tres susceptible 🙂 encore merci pour ton partage.

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    2. Merci également pour le lien. En le relisant plus en profondeur: cet article fait référence à la névralgie. Les spécialistes des neuropathies iatrogènes ( comme le professeur Benoliel membre de l’association internationale d étude contre la douleur, ) différencient la névralgie, qui présente une compression du nerf, sans atteinte profonde de la structure ( excepté la gaine de myéline) et la neuropathie, où les fibres ont été atteintes en profondeur. L’article ne fait d’ailleurs pas référence aux lésions post chirurgicales…qui semblent être totalement omises en France…à notre grand regret. Il existe pourtant une bibliographie fournie pour les spécialistes. Il me semble regrettable que les facs de dentisterie refusent d éduquer à ce sujet. Ceci dit avec une grande affection pour certains dentistes…j ai de nombreux amis dentistes ADORABLES….
      Pour en revenir à nos huiles…elles soignent, je pense, tout ce que la nature peut nous provoquer comme mal être ou maladie. Lorsque l’on force le destin…comme avec des interventions invasives…notre qualité de vie est plus à la merci….de compétences…

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