Gestion de la Douleur d’une Lésion de Nerf lors de Chirurgie d’Implant Dentaire. Chap 1, 2 Traduction

Dans cet article vous allez trouver la traduction de la publication :

Pain management for nerve injury following dental implant surgery at Tokyo Dental College Hospital.

Les 2 premiers chapitres vont planter le décors…vous allez comprendre qu’une intervention dentaire chirurgicale peut avoir des conséquences, et que ces conséquences sont alors définitives. Dans le chapitre 3 à venir, je traduirai le mécanisme de la douleur neuropathique…

lésion de nerf trijumeau post chirurgie d'implant

 

 

Suite à mon article d’hier: Que vaut l’expertise d’un scientifique ou médecin qui ne lit ou ne publie qu’en français, cet article fait référence à un directeur de recherche du CNRS clamant la non pertinence et non crédibilité de la science se basant, en France, sur des publications franco-française. Mon objectif aujourd’hui, et pour mes articles de traduction à venir, est de mettre à la disposition du plus grand nombre ces informations jusqu’alors non disponibles en France.

Je peux comprendre qu’il est difficile de lire une publication technique dans une autre langue (même si personnellement, je me demande comment le numerus closus d’accès à la profession médicale n’est pas basé sur le bilinguisme…un docteur, aujourd’hui, a plus besoin d’anglais que de math).

Et puis…que l’on ne me dise pas qu’il est normal qu’un scientifique ne soit pas doué pour les langues…mon père est physicien…et parle couramment 5 langues…

language international scientifique

La publication que j’ai choisie aujourd’hui, comme toutes les publications scientifiques, est longue (12 pages). Je vous traduis donc les 2 premiers chapitres aujourd’hui.

Mon travail de traduction ici, est aussi fidèle qu’il se peut. Je n’y insère aucune interprétation personnelle (j’y ajoute parfois un complément d’information du type définition, ceci permettant aux patients, de comprendre cette lourde et technique lecture.)

Auteurs: Ken-ichi Fukuda (1), Tatsuya Ichinohe (2) , Yuzuru Kaneko (3)

Extrait de

Hindawi Publishing Corporation

International Journal of Dentistry

Volume 2012, Article ID 209474

1-Introduction :

Les implants sont utilisés pour la reconstruction d’une occlusion compromise, résultant alors une amélioration de la qualité de vie (QOL  ou quality of life) et de l’alimentation. Cependant, ces dites chirurgies implantaires, peuvent causer des lésions de nerf. Ceci résultant en une détérioration soudaine de la qualité de vie. De plus, lorsqu’une lésion de se type se produit, une récupération complète est rare, sauf si la lésion est mineure. L’interaction entre le nerf sensitif périphérique et le système nerveux central (CNS) est extrêmement compliqué, à l’inverse de celles du système osseux ou membranaire. La manière dont l’information est transmise entre le nerf et le CNS est complexe et peut aisément être perturbé ( ici je prends la version la plus appropriée de la traduction du terme disrupted, dans certain cas sera traduit interrompu, ce qui ne correspond pas à la réalité biologique dans ce cas NDT). Une lésion mineure telle qu’une lésion apparaissant durant une morsure pourra aboutir à une perte de sensibilité mineure. Des blessures (lésions) plus sévères peuvent provoquer des dysesthésies (une diminution ou une exagération de la sensibilité) ou des douleurs neuropathiques causant des sensations pénibles soutenues, spécialement durant la nuit, et affectant sévèrement la qualité de vie des patients.

Dans cette publication, nous allons expliquer ce qui se produit après une lésion du nerf et les mécanismes des douleurs neuropathiques en résultant. De plus, nous allons décrire comment cette douleur est gérée dans le processus suivant cette blessure du nerf lors de chirurgies implantaires dans notre clinique de la douleur.

2- Processus suivant la lésion du nerf

Si une pose d’implant cause une blessure du nerf alvéolaire inférieur (V3) lors de la chirurgie de pose d’implant, qu’arrive-t-il aux tissus endommagés ? Comment le nerf lésé se répare-t-il ? Et quels changements se produisent dans les tissus nerveux endommagés ?

Lorsque les fibres du  nerf alvéolaire inférieur sont endommagées par la pose d’implant, des dégénérations rétrogrades ( en cascade) apparaissent par le biais du CNS et une dégénération de Wallerian apparait par le biais de la périphérie, le point de départ se situant juste autours du site de la blessure, ces dégénérescences apparaissent en seulement quelques minutes.

évolution neuro immunologique d'un nerf lésé

Même si les fibres nerveuses deviennent totalement  déconnectées, elles vont rapidement se reconnecter lorsque l’implant est enlevé (et qu’il n’existe plus d’obstacle mécanique ou chimique à cette reconnexion).

Un déploiement linéaire de cellules de Schwann (Les cellules de Schwann, aussi appelées neurolemmocytes, sont des cellules de soutien appartenant aux cellules gliales périphériques NDT) est observé entre les fibres nerveuses interrompues,.ce qui augmente de manière significative les facteurs de croissance nerveuses. De plus, les gènes d’encodage de la mRNA (messager de l’acide ribo nucléique NDT) sont marqués en augmentation et la réénération du nerf est activée. Ces mécanismes de défense et ces réactions de réparation peuvent s’accomplir en 2 ou 3 semaines. Ceci pour dire que les nerfs se reconnectent assez rapidement sauf si la neuropathie est sévère ou si une brèche (obstacle) existe. Bien que la reconnexion de réparation histologique ( réparation des cellules nerveuses) peuvent se produire, la fonction neurologique ne se produit pas.

La reconnexion ne signifie pas guérison des  blessures. Au contraire, la reconnexion sous ces conditions peut causer des détresses aux patients. Le nerf alvéolaire inférieur est complexe, et est responsable d’algesthésies et sensibilités de contact, à la chaleur, au froid, à la pression ( sensations douloureuses NDT). De plus, le mécanisme de chacun est différent. Une analogie peut être faite : le réseau de canalisations souterraines dans une grande ville, qui va conduire le gaz, l’électricité et le téléphone, l’eau et les égouts, mais chacun séparément et par des conduits differents. Si les réseaux nerveux sont endommagés, l’isolation de la structure est compromise, et lorsque la régénération se met en place, des fibres nerveuses adjacentes peuvent accidentellement se connecter. Ceci veut dire que des impulsions nerveuses d’autres nerfs peuvent être transmises vers une mauvaise destination, de là, vers le système CNS. Si nous revenons à notre analogie, cela correspondrait à l’inversion des reconnexions des tuyaux de gaz et d’eau rompus lors d’’un tremblement de terre. Ces connexions inappropriées sont appelées « ephapses » [1], et sont prouvées en laboratoires sur des animaux [2].

Ceci pour dire que une fonction nerveuse ne récupère jamais complètement, même si la régénération nerveuse est histologiquement complète grâce au la régénération active après la blessure. Par exemple, prenons le cas de fibres nerveuses désignées (conçues) pour la transmission du froid, accidentellement connectées avec les fibres nerveuses prévues pour la transmission des sensationsd u chaud. Ceci compromettrait la capacité du patient à remarquer et nous communiquer un changement de température. Il y a une quantité innombrable de fibres nerveuses. Donc la blessure de n’importe quel nerf spécifique peut résulter en  une connection avec n’importe quelle autre quantité et qualité de fibres nerveuses, de ceci dépendra la sévérité de la lésion impliquée. Une grande quantité de fibres nerveuses reconnectées de manière inappropriée résultera souvent en la formation d’un neurinome . De ce fait, la présence d’un neurinome indique la possible lésion du nerf et ephapse. La présence de neurinomes sera souvent la « pièce à conviction » pour une décharge automatique du patient [3].   Ce phénomène est qualifié de dysesthésie chez le patient qui va se plaindre de sensations de « paralysie, picotement…froideur dans un membre…par exemple »

 

[1]R Granit and C.R. Skoglund « Facilitation, inhibition and depression at the artificial synapse » formed by the cut end of a mammalian nerve” The journal of physiology

[2] Z. Seltzer and M. Devor, “Ephaptic transmission in chronically damaged peripheral nerves

[3]  Studies of traumatic neuralgias in the maxillofacial region: surgical pathology and neural mechanisms.

Gregg JM1.

Extrait:

Des explorations microchirurgicales du nerf trijumeau lésé chez des patients présentant des névralgies a révèlé quatre variations de neurinomes traumatiques: associé à des corps étrangers, et au bourgeonnement de nerfs collatéraux d’une lésion de nerf adjacente. Une théorie exhaustive de la névralgie du nerf trijumeau lésé est proposée, basée sur 3 sites d’éthiologie : le neurinome périphérique, les collatérisations somatiques et autonomes, et enfin les étiologies de déafférations du CNS , La douleur médiatisée par le système nerveux sympathique est attribuée aux fibres autonomes C dans les zones périphériques lésées. L’hyperalgésie est attribuée aux fibres mécanosensitive A, dans le nerf étant lié au neurones de la zone du système nerveux central irritable.L’explication de l’hyperpathie se base sur la transmission ephaptique entre les fibres anormalement connectées ou neurinomes.

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